Afrique : La Zone de libre-échange continentale sera une réalité en 2020

32 chefs d’Etats africains ont pris part à ce sommet

Ouvert le dimanche 7 juillet 2019 au Niger, le 12ème sommet extraordinaire de l’union africaine (UA), qui a réuni 32 chefs d’Etats à Niamey, devra aboutir à l’opérationnalisation de la Zlecaf, la zone de libre-échange continentale africaine. Avec un marché estimé à plus d’un milliard d’habitants, la Zlecaf devra constituer un pas vers la paix et la prospérité en Afrique. Autres dossiers sur la table des échanges, la lutte contre le terrorisme, la situation au Soudan et le Fonds de la paix et l’émigration.
Le lancement officiel de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) est certainement l’acte le plus attendu de ce 12ème sommet extraordinaire des chefs d’Etats de l’Union africaine. Ouvert le dimanche 7 juillet 2019 à Niamey, dans la capitale nigérienne, ce sommet connait la participation de plus de 4000 délégués et invités, 32 chefs d’Etat et des ministres des différents pays. Selon le Président nigérien Mahamadou Issoufou, lui qui a toujours fait la promotion de la Zlecaf, depuis la création de l’Organisation de l’unité africaine, aujourd’hui union africaine, l’un des actes forts est l’entrée en vigueur de la ZLEC. Et le Président de la commission de l’union africaine, Moussa Faki Mahamat d’ajouter, « un vieux rêve se réalise. Les pères fondateurs doivent en être fiers ». Pour lui, l’importance de la ZLEC n’est plus à démontrer, d’autant plus qu’elle est devenue l’un des plus grands espaces commerciaux au monde.
La Zlecaf couvrira 54 pays africains
Il faut préciser que le Nigéria et le Benin, deux pays qui étaient jusque-là réticents au projet ont fini par céder, et cela a été matérialisé par la signature d’un accord dès l’ouverture du sommet. Ainsi, des 55 pays africains, seule l’Erythrée n’a pas signé l’accord, elle ne fera donc pas partie de ce nouveau marché. Et parmi les 54 pays, 27 ont déjà ratifié l’accord, a précisé le président de la commission de l’union africaine. La ZLEC est un vaste marché qui devra réunir plus d’un milliard de personnes. De ce fait, le chemin s’avère être long. Qu’à cela ne tienne, certains chefs d’Etat recommandent la mise en œuvre progressive de la ZLEC, car beaucoup de préalables doivent être réunis, notamment les réductions des taxes douanières, l’importation des biens de l’étranger par des pays ayant des accords avec l’extérieur.
La mise en œuvre sera progressive
La mise en œuvre effective du marché est prévue pour 2020. Selon le commissaire au Commerce et à l’Industrie de l’UA, Albert Muchanga, il est important que tout le monde joue son rôle dans la préparation de ce marché unique. « Il faut donner un calendrier pour que tout le monde puisse jouer son rôle dans la préparation du marché (unique), alors nous avons recommandé au sommet que la date soit le 1er juillet 2020 », a expliqué Albert Muchanga. Pour Chiedu Osakwe, le négociateur en chef nigérian, la libéralisation du commerce doit s’aligner sur des réformes structurelles internes. « Aucun pays ne va tout libéraliser d’un coup », souligne-t-il. Pour lui, le processus de mise en œuvre de la ZLEC devrait s’étendre sur plusieurs années.
Un marché aux multiples avantages
En rappel, la Zlec doit favoriser le commerce au sein du continent et attirer des investisseurs. L’UA estime que sa mise en œuvre permettra d’augmenter de près de 60% d’ici à 2022 le commerce intra-africain, alors que les détracteurs du projet évoquent le manque de complémentarité des économies et craignent que des importations bon marché ne portent préjudice aux petits producteurs agricoles et industriels. Autres dossiers sur la table des échanges, la lutte contre le terrorisme, la situation au Soudan, et le Fonds de la paix et l’émigration. Sur la question de la lutte contre le terrorisme, les pays du G5-Sahel (Mali, Niger, Burkina, Mauritanie et Tchad), qui peinent toujours à maitriser le phénomène par manque de moyens financiers, chercheront l’appui des autres Etats africains dans leur quête d’un plus grand soutien de l’ONU.
C’est sous une haute surveillance sécuritaire que s’est tenu ce 12ème sommet extraordinaire. « Nous avons un dispositif spécial de plusieurs milliers d’hommes », a assuré Mohamed Bazoum, le ministre de l’Intérieur d’un pays qui fait face à des attaques récurrentes de groupes djihadistes dans l’Ouest et au groupe islamiste Boko Haram dans le Sud-Est.
Sié Alfred