Burkina Faso / Crise au sein de la communauté musulmane : Alors que le camp de Cheick Bandé attaque, celui de El Hadj Rasmané Sana contre-attaque

les fidèles musulmans sont sortis massivement pour témoigner leur solidarité à El Hadj Rasmané Sana et à son équipe

La crise au sein de la communauté musulmane du Burkina Faso semble bien être profonde. Et pour cause, la gestion du président est pointée du doigt. Alors que se tenait un congrès extraordinaire à Bobo-Dioulasso, congrès à l’issue duquel le président El Hadj Abdoul Rasmané a été destitué de son poste, au même moment ce dernier animait une conférence de presse à Ouagadougou le lundi 28 octobre pour qualifier cet acte de Bobo-Dioulasso de ‘’théâtre’’ et du coup apporter sa part de vérité dans cette crise qui secoue la communauté musulmane depuis son élection à la tête de la structure.
Crise de leadership ou pas, en tout cas ce qui se passe actuellement au sein de la communauté musulmane du Burkina Faso n’a pas l’air d’un théâtre comme l’a fait savoir El Hadj Abdoul Rasmané Sana qui se réclame toujours président de cette communauté. En conférence de presse animé le lundi 28 octobre à Ouagadougou, Ladji comme l’appellent certains n’est pas passé par quatre chemins pour fustiger ceux qui critiquent sa gestion. En effet, certains membres du bureau plus précisément au nombre de sept avec à leur tête Cheick Mahamoud Bandé pointent du doigt la gestion du président El Hadj Abdoul Rasmané. Selon eux, le travail abattu par le bureau actuel ne serait pas satisfaisant. A cet effet, ils ont voulu que se tienne un congrès extraordinaire en vue de procéder au renouvellement dudit bureau. Toute chose qui n’a pas réçu l’assentiment du président Sana, soutenu par une forte communauté. Cela n’a tout de même pas empêché Cheick Mahamoud Bandé et son camp de tenir leur congrès extraordinaire à Bobo-Dioulasso en début de semaine dernière à l’issu duquel le président Sana a été démis de ses fonctions. Tout en qualifiant ce congrès de ‘’théâtre’’, El Hadj Abdoul Rasmané Sana donne ici sa part de vérité. En effet, selon lui, tout serait parti du fait que le chef des frondeurs, Cheick Mahamoud Bandé a voulu prendre la place du grand imam (hospitalisé hors du pays pour raison de santé). « Et suite à mon refus, le conflit entre Bandé et moi commença », explique le président Sana. Et comme si cela ne suffisait pas, poursuit El Hadj Abdoul Sana, l’idée de la réfection de la mosquée a été perçue par le camp Bandé comme de la magouille. Pires, lorsqu’il a recommandé que des enquêtes soient faites sur les recettes des boutiques situées autour de la grande mosquée, le secrétaire général a bloqué le dossier à son niveau. Et pour couronné le tout, les frondeurs auraient reproché au président les suspensions de certains membres pour mauvaise conduite.

El Hadj Rasmané Sana qualifie le congrès extraordinaire de Bobo-Dioulasso de théâtre


El Hadj Abdoul Rasmané Sana juge toutes ces raisons infondées et estime que toutes les décisions prisees, visent à l’intérêt de l’ensemble des musulmans de la communauté. Sur la question des personnes suspendues, El Hadj Sana se veut claire. « Bandé m’a accusé d’avoir suspendu des personnes mais, je ne l’ai pas fait comme cela, c’est parce que ces personnes étaient en faute que je les ai suspendus. Mais s’il remet en cause ces suspensions alors que je suis le président de la communauté. En quelle qualité peut-il remettre en cause le bureau ? », s’interroge le président Sana.
Une plainte a été déposée en justice
Pour couper court, le camp El Hadj Abdoul Rasmané Sana a indiqué aux hommes de presse et à la communauté musulmane sortie pour l’occasion, avoir déposé une plainte en justice afin que le congrès soit annulé, car pour lui, on ne peut rester à Bobo-Dioulasso pour dissoudre le bureau, « c’est du théâtre », a-t-il qualifié. Alors qu’il ne reste que 8 mois pour que le mandat du bureau prenne fin, El Hadj Sana dit ne pas comprendre les agissements de ses frères. Pour lui, même s’il y’a manquement, ce n’est pas la bonne manière de régler les choses. « Cela n’est pas bien pour notre image et c’est une honte », a-t-il regretté.
Il en appelle au sens élevé de ses frères à rejoindre les rangs afin que tous ensemble, ils puissent terminer le mandat qui ne reste plus que 8 mois au bonheur des musulmans du Burkina.
Sié Alfred