Burkina Faso : Le périple djihadiste dans le pays crée de plus en plus de déplacés internes

Les attaques terroristes répétées au Burkina Faso ont obligé les populations de plusieurs localités à quitter leurs domiciles

Des hommes, des femmes et des enfants n’ont d’autre choix que de fuir ces violences. Il y’a une dizaine de jours, le ministère burkinabè de l’action humanitaire n’a pas caché sa profonde inquiétude, alors que le pays peine à mobiliser les fonds nécessaires à la prise en charge de ces burkinabè. Leur nombre ne cesse de croitre. Et si ce phénomène se poursuit, le nombre de déplacés internes pourrait atteindre 650 000 personnes d’ici le mois de décembre 2019, selon les prévisions de l’action humanitaire.
Le Burkina Faso fait face à une crise humanitaire sans précédent, avait souligné Laurence Ilboudo/Marshal, ministre de l’action humanitaire face à la presse, il y’a quelques jours. Cette situation est du fait de la prolifération des attaques attribuées aux groupes djihadistes. Et les conséquences directes pèsent sur les populations.

Laurence Ilboudou/Marshal, ministre en charge de l’action humanitaire lance un appel aux partenaires du Burkina à aider le pays dans la mobilisation des ressources


Selon les chiffres officiels, plus de 486 000 personnes ont abandonné leur domicile suite aux menaces terroristes. C’est dans la région du centre-nord qu’on enregistre le plus gros contingent avec 55,60%, ce qui fait un peu plus de 270 000 personnes. C’est aussi dans cette région que les attaques se sont accentuées ces dernières semaines, dans les communes Zitenga, Zoura, Barsalgho ou Dablo. Dans la région du Sahel, c’est la province du Soum qui est la plus touchée, avec plus de 27% des personnes déplacées. La ville de Djibo où les habitants de la commune rurale de Pobé Mengao, ont trouvé refuge, accueille plus de 80 000 personnes déplacées.
Quatre camps ont été officiellement ouverts, deux autres sont en cours d’aménagement, mais la situation est loin d’être améliorée selon les autorités. Le gouvernement burkinabè n’a pu mobiliser que pour le moment 35% des 187 millions de dollars nécessaires pour faire face à cette crise humanitaire. Pour le reste à recouvrer, il compte sur ses partenaires.
Sié Alfred