Burkina Faso / Procès du putsch manqué de septembre 2015 : Les avocats du Général Diendéré demandent son acquittement pur et simple

Sa cause est plaidée au tribunal militaire de Ouagadougou depuis le lundi 29 juillet dernier. Et ce jeudi 1er août encore, le général Gilbert Dienderé était au centre des intérêts. Ses avocats parlent de remettre en cause les arguments du parquet militaire et des avocats de la partie civile. Les avocats de l’ancien patron du RSP demandent son acquittement pur et simple.
Les meurtres, coups et blessures enregistrés lors des évènements de septembre 2015 sont-ils imputables au général Gilbert Dienderé ? A la lumière des pièces du dossier, peut-il être retenu dans les liens de la trahison ou de l’intelligence avec une puissance étrangère comme le prétend le parquet militaire dans ses réquisitions ? Ces questions sont au centre des plaidoiries des avocats du général depuis ce jeudi matin. Pour Me Mariam Kanyili, pour tenir le général Diendéré responsable des meurtres et coups et blessures survenues le 16 septembre 2015, sur la base de l’article 67 du code pénal, il aurait fallu établir sa responsabilité personnelle dans les faits d’attentat à la sûreté de l’Etat. Or, poursuit l’avocate, depuis le début de cette audience, le parquet militaire n’a jamais pu prouver la participation du général Diendéré dans l’arrestation et la séquestration des autorités de la transition. Il s’est plutôt contenté de faire foi aux propos du co-accusé du général en occurrence ceux de l’adjudant Jean Florent Nion. L’auxiliaire de justice rappelle, du passage à la barre des témoins et des vidéos visionnées, nulle part il ne ressort que le général Diendéré a donné des coups, tué ou même blessé un individu. Il faut donc l’acquitter pour cette infraction, conclura Me Kanyili.
Dans la même suite d’argument, Me Mathieu Somé rappelle au tribunal les conditions récentes de l’acquittement de Laurent Gbagbo et de Blé Goudé Charles à la Cour pénale internationale. « Même dans les crimes de masse, on n’impute pas directement la responsabilité, on cherche plutôt à comprendre l’attitude du premier responsable de la troupe lorsqu’il prend connaissance de l’agissement de ses éléments. S’il ne fait rien pour arrêter le massacre, il en est responsable. S’il prend des mesures pour l’arrêter, on l’acquitte », fin de citation. Encore qu’ici, le général Dienderé n’était à la tête d’aucune troupe au moment des faits. Il n’a donc jamais rien ordonné, selon Me Somé. Me Olivier Yelkouni, lui réfute les faits de trahison et d’intelligence avec des puissances étrangères, reprochés au général Diendéré, ardent que les éléments constitutifs de ses infractions ne sont pas réunis. S’appuyant sur une publication du Pr D. Albert Millogo en date de novembre 2015, l’auxiliaire de justice précise, « le Burkina Faso n’était en guerre avec aucune puissance étrangère. Le général Diendéré n’a jamais été enrôlé dans une armée en vue de combattre le Burkina Faso. Il n’a non plus pas eu l’intention spéciale de servir les intérêts des puissances étrangères au détriment du Burkina Faso. Les distributions d’argent éléments du RSP, la demande matérielle au Togo ou encore les sommes venues de Côte d’Ivoire ne sauraient être constitutif de ces infractions comme le prétend le parquet militaire. Le général Gilbert Diendéré n’a jamais trahi son pays, tonnera l’avocat. Les mêmes arguments sont développés pour dégager le général de la responsabilité de l’intelligence avec les puissances étrangères ».
En sommes, les avocats du général Diendéré demandent l’acquittement pur et simple pour infraction non constituées.
Sié Alfred