Rentrée scolaire : Le torchon brûle entre la proviseure et le personnel du lycée Municipal de Saaba

Les élèves du Lycée Municipal de Saaba, à Ouagadougou observent depuis quelques jours un mouvement d’humeur. Et pour cause, un différend entre la proviseure et le personnel dudit lycée qui empêche la tenue des cours. Après un tour au lycée le 14 octobre nous avons pu nous enquérir du fond du problème: une histoire de recrutement illicite pour complément d’effectif.

Pour Modeste Kaboré et ses collègues la proviseure est en violation des textes en vigueur

Les élèves ont repris les cours sur l’ensemble du territoire burkinabè depuis le 1er octobre dernier. Cependant, après  deux semaines les élèves du Lycée Municipal de Saaba, à Ouagadougou n’ont toujours pas débuté les cours. A la base, un désaccord entre la proviseure et le personnel dudit établissement scolaire. Ce qui a conduit les élèves à  observer un mouvement de grève pour réclamer le démarrage effectif des cours.

Source du problème

Pour en savoir plus sur la situation nous sommes rentrés en contact avec les deux parties. Et selon les explications du délégué du personnel, Modeste Kaboré, un recrutement “illicite” d’élèves effectué par la proviseure Awa Diallo serait à la base de leur désaccord. A l‘en croire, pendant que tout le personnel au nombre de 50 a déposé 80 dossiers, madame la proviseure elle seule a déposé 130 dossiers. Le véritable problème qui se pose est que dame Diallo aurait refusé que ces 130 dossiers de recrutement passe par la Commission de recrutement mise en place conformément aux textes en vigueur pour recrutement de complément d’effectif.  Au dire du délégué du personnel, la commission de recrutement a retenu seulement 80 dossiers à la fin de ses travaux et les professeurs souhaiteraient que les 33 places disponibles en classe de second soient attribuées aux nouveaux brevetés qui n’ont pas eu l’entrée en second. Une proposition rejetée  par la proviseure  sous prétexte que la Commission dont elle est aussi la présidente ne peut statuer qu’une fois.  “Nous en tant que personnel, on estime que madame la proviseure est en violation des textes en vigueur qui dit qu’aucun dossier de recrutement pour complément d’effectif ne peut se faire sans passer par la commission de recrutement. Le personnel refuse donc de commencer les cours sans que la proviseure ne passe par la commission mais aussi sans la tenue du Conseil d’administration qui n’a jusqu’à la pas eu lieu du fait que la proviseure ne veuille pas y participer.

La proviseure Awa Diallo met en avant son pouvoir discrétionnaire lui permettant de recruter un certain nombre d’élèves pour compléter les effectifs

La proviseure reste campée sur sa position

La proviseure Awa Diallo a estimé qu’elle n’était en violation d’aucun texte. Selon elle, son pouvoir discrétionnaire lui permet de recruter un certain nombre d’élèves pour compléter les effectifs. Il est donc hors de question que les 130 dossiers qu’elle a retenus en sus de ceux déjà retenus en commission soient examinés par la commission de recrutement. Le personnel de son côté refuse de commencer les cours sans que les dossiers de la proviseure ne soient examinés par la commission. Le délégué du personnel a pris l’exemple sur les deux classes de 6ème que compte l’établissement dont l’effectif a atteint plus de 200 élèves avec les nouveaux recrutements, contre une centaine les années antérieures.  Ce qui pour lui va rendre leur tâche difficile. Les élèves qui ne savent plus à quel saint se vouer, ont exprimé  leur ras-le-bol et  exigé le début des cours. Au moment où nous  quittions  les lieux, une mission de la direction provinciale était attendue  sur place pour tenter de dénouer la situation.

Line Rose

Les élèves manifestent pour exiger le début des cours