Afrique de l’Ouest : Les médiateurs de l’EUMOA demandent la levée des sanctions contre le Burkina Faso et le Mali

Les Médiateurs des pays membres de l’UEMOA (AMP-UEMOA) ont tenu leur 6ème assemblée générale, les 07 et 08 juin 2022, à Ouagadougou. A l’issu de cette assemblée, placé sous le thème : “Le Médiateur de la République à l’épreuve des défis majeurs de l’espace UEMOA”, les “ambassadeurs de la paix” ont invité les chefs d’Etats de la sous-région et de la CEDEAO à lever les sanctions contre le Mali et le Burkina Faso.

L’AMP-UEMOA existe depuis 15 ans et son objectif est de promouvoir le dialogue, la bonne gouvernance, l’ancrage de la démocratie dans nos sociétés, le respect des droits de l’Homme, et l’Etat de droit

La rencontre des médiateurs de l’espace UEMOA, zone confrontée à de multiples crises notamment sécuritaire, alimentaire, humanitaire, constitutionnelle, a clos ses portes le 8 juin 2022 à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso.  Cette assemblée, placée sous le thème: “Le Médiateur de la République à l’épreuve des défis majeurs de l’espace UEMOA”, a réuni des experts dans le but de trouver des solutions face aux multiples crises qui secouent la sous-région ouest africaine.  

Lors de l’assise, les Médiateurs ont appelé à la levée des sanctions contre le Burkina Faso et le Mali, pour qui, ces sanctions vont à l’encontre des principes des institutions sous régionale et régionale qui prônent la protection et la sécurité des personnes et des biens. “Nous pensons que c’est l’une des sanctions les plus inhumaines car nos institutions communautaires (UEMOA-CEDEAO)  sont d’abord dirigées vers les peuples. Leurs visions, c’est la protection, le bien être, la satisfaction des besoins de nos peuples. Aujourd’hui, il manque de tout (…). C’est pratiquement des atteintes au droit de l’Homme et nous sommes conscients en appelant incessamment à la levée de ces sanctions”, a laissé entendre, Awa Amadou Aboudou Nana, médiateur du Togo et par ailleurs la nouvelle présidente de l’AMP-UEMOA.

Selon le Médiateur du Faso, Fatimata Sanou Traoré, l’apport des institutions de Médiation dans la promotion de la bonne gouvernance n’est plus à démontrer. “Les Médiateurs de notre espace communautaire (…) œuvrent à la consolidation de nos acquis  démocratiques, à la promotion de la bonne gouvernance administrative et à l’instauration de l’Etat de droit”, a-t-elle indiqué. Dans le but de permettre les institutions de Médiation d’impacter la gouvernance dans les pays de l’UEMOA, la sixième assemblée ordinaire de l’AMP-UEMOA a été une occasion pour les Médiateurs de formuler “plusieurs recommandations en lien avec les défis de l’heure qui seront adressées à plusieurs acteurs, notamment les acteurs communautaires et étatiques. Elles feront l’objet d’une évaluation de leur mise en œuvre dans les pays respectifs à la prochaine assemblée ”, a souligné Fatimata Sanou Traoré.

Me Ali Maïga Sirfi, Médiateur du Niger en fin de mandat à la tête de l’AMP-UEMOA passe la main à Awa Amadou Aboudou Nana, Médiateur du Togo

L’AMP-UEMOA compte se doter d’un plan stratégique

La nouvelle présidente de l’AMP-UEMOA, Mme Awa Amadou Aboudou Nana, a appelé à doter d’un plan stratégique qui prend en compte la vision commune de l’association. “De ce plan stratégique découleront nos actions afin de renforcer notre association, notre intégration et faire preuve de solidarité face aux défis et ennemis qui n’ont pas de frontières”, a-t-elle indiqué. Selon elle, il s’agira d’élaborer une stratégie d’actions concrètes, crédibles et durables pour soutenir les actions de la Commission de l’UEMOA dans le processus de résolution des crises. En marge de cette assemblée, cinq motions de remerciements ont été adoptées. Ces motions ont été dédiées au Président du Faso, Paul Henri Sandaogo Damiba; à Abdoulaye Diop, président de la Commission de l’UEMOA, à Mme Fatimata Sanou Traoré, Médiateur du Faso, au président sortant de l’AMP-UEMOA, Me Ali Sirfi Maïga et aux experts qui ont participé à l’élaboration des recommandations.

Lucien DAKISSAGA