Afrique du  Sud : Une Nouvelle loi   pour instaurer  des quotas d’emplois pour   les étrangers

Alors que  le chômage bat du record et une résurgence du sentiment anti-migrants, le gouvernement prévoit d’introduire des quotas d’emploi pour les ressortissants étrangers.

Selon Aaron Motsoaledi, ministre de l’Intérieur, une loi est en cours de finalisation qui plafonnera le nombre d’étrangers que les entreprises appartenant à des locaux peuvent embaucher.  Trois autres lois traitant de l’immigration et des réfugiés sont également à l’étude, selon le membre du gouvernement. « Si vous êtes un homme d’affaires sud-africain qui ouvre un restaurant ou une usine, aucune loi ne vous dit quoi faire, vous pouvez amener 100% de ressortissants étrangers ou 100% de Sud-Africains », a déclaré Motsoaledi à News 24 . « Nous disons qu’il y a un problème avec le chômage et l’absence de ces quotas », a  précisé le  ministre. Selon l’agence nationale des statistiques, environ trois millions des 60 millions d’habitants de l’Afrique du Sud sont des migrants, dont beaucoup sont attirés par la perspective de trouver du travail dans l’économie la plus industrialisée du continent. Mais les emplois restent rares pour les non qualifiés, le taux de chômage atteignant actuellement un record de 35 %, et la présence d’étrangers a attisé le ressentiment de certains habitants qui les considèrent comme des concurrents pour les opportunités, le logement et d’autres services. Les attaques contre les migrants en 2008 ont fait au moins 22 morts et environ 6 000 personnes ont fui le pays. Une autre flambée de violence xénophobe en 2015 a fait des dizaines de morts et vu des centaines de magasins saccagés et pillés.

Les nouvelles lois sur les quotas ont mis plusieurs années à être élaborées, selon Motsoaledi. »Ce sont des problèmes qui ont été soulevés et qui ont été fortement soulevés maintenant, évidemment parce que le chômage empire de plus en plus, et aussi parce que Covid a aggravé ces défis », a-t-il déclaré. Certains partis d’opposition ont pointés du doigt  la colère du public envers les étrangers. Action SA, favorable à l’instauration des quotas pour les étrangers,  a remporté 16%  des voix à Johannesburg lors des élections municipales de l’année dernière qui se sont tenues quelques mois seulement après sa fondation et son dirigeant Herman Mashaba, ancien maire de la ville, a toujours exigé que les migrants sans papiers soient expulsés. Début janvier, Julius Malema, le chef du parti populiste Economic Freedom Fighters, a tenté de forcer les propriétaires de restaurants près de Johannesburg à remettre leurs dossiers de personnel et leur a ordonné d’embaucher plus de Sud-Africains et moins d’étrangers.

K.Fiakofi