Afrique : La CEDEAO  critiquée pour ses solutions contre les coups d’Etat en Afrique de l’Ouest

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest a réagi aux putschs dans la région par des appels, des sanctions ou des déploiements de troupes. Mais les critiques sur les actions incohérentes du bloc se multiplient, selon DW.

« La région de l’Afrique de l’Ouest revient soudainement dans les gros titres internationaux pour toutes les mauvaises régions », a déclaré fin mars le président ghanéen Nana Akufo-Addo. Il a appelé les législateurs d’Accra à soutenir l’approche actuelle de tolérance zéro du bloc régional de la CEDEAO pour les coups d’État militaires, indique DW. Il faut rappeler que le Mali, la Guinée et le Burkina Faso ont tous récemment connu des coups d’État. Seule une position coordonnée des États membres de la CEDEAO pourrait remettre les putschistes à leur place, a déclaré le président Akufo-Addo sur Twitter. L’historien Arthur Banga de l’Université Félix Houphouet-Boigny de Côte d’Ivoire a également plaidé pour une « politique de tolérance zéro » résolue envers les putschistes, qui doit être appliquée par la CEDEAO. « Nous ne devons pas accepter que l’ordre démocratique dans notre région soit menacé à plusieurs reprises par des coups d’État. L’Afrique de l’Ouest doit être en mesure de combattre efficacement les coups d’État militaires et leurs responsables », a déclaré Banga à DW. « Il est nécessaire de soutenir la CEDEAO dans l’application des sanctions contre les putschistes. »

 Les mesures de la CEDEAO  varient d’un cas à l’autre.

Lors du dernier sommet de la CEDEAO dans la capitale ghanéenne le 29 avril 2022, il est devenu clair à quel point le bloc ouest-africain a peu de pouvoir face aux régimes putschistes. Les juntes militaires du Mali, de la Guinée et du Burkina Faso ont été à nouveau appelées à rendre au plus vite le pouvoir politique aux mains des civils. Mais les appels sont tombés dans l’oreille d’un sourd : les autorités de ces trois pays   ont signalé qu’elles voulaient conserver leur pouvoir pour le moment et ne sont pas disposées à  respecter  les délais fixés par la CEDEAO pour renoncer au pouvoir. Les mesures de la CEDEAO contre les régimes putschistes varient d’un cas à l’autre. Cependant, une chose peut être observée dans tous les cas : les mesures et sanctions adoptées ne sont pas appliquées de manière cohérente. Jusqu’à présent, les coups d’État n’ont pas eu de conséquences importantes.

Pierre Oued.