Crise de Perkoa: le Mouvement Citoyens Populaires appelle à un dénouement heureux

La situation des huit personnes bloquées depuis trois semaines dans les galeries de Perkoa, ne laisse personne indifférent. Le Mouvement Citoyens Populaires (MCP), qui se dit solidaire avec les familles des mineurs, fonde l’espoir sur  un dénouement heureux. Dans les lignes qui suivent, nous vous donnons la substance de l’entretien que nous a accordé le responsable du mouvement, Issiaka Poubéré.

QNA: Pouvez-vous vous présenter ?

Issaka Poubéré : Je suis Issaka Poubéré, je suis Économiste, planificateur de formation, gestionnaire de profession et acteur de la société civile.

Présentez-nous  le  Mouvement Citoyens Populaires (MCP)

Le mouvement citoyen populaire (MCP), c’est un mouvement qui a été créé en 2021, qui réunit les personnes de tout âge, qui sont éprises de justice, de bonne gouvernance et dont le seul crédo est l’intérêt supérieur de la nation.

Vous avez fait le déplacement pour vous enquérir de la situation sur la mine de Perkoa, où il y a 8 mineurs piégés dans les galeries depuis trois semaines. Qu’avez vous fait exactement sur le terrain?

Quand nous avons appris la nouvelle qu’il y a huit (08) de nos frères, je ne dirais pas huit mineurs, mais huit de nos frères, parce que il y a 6 Burkinabè et deux de nationalités étrangères qui sont emprisonnés dans les galeries souterraines de la mine, nous avons décidé  de faire le pas dans la commune de Réo pour avoir un peu une situation claire. L’état des lieux, voir comment pouvoir soutenir aussi les parents des mineurs qui sont emprisonnés sous les eaux et aussi apporter notre soutien à la cellule de crise.

Vous avez rencontré des autorités, qu’est ce que le gouvernement fait pour sauver les mineurs piégés, à votre avis?

Quand nous sommes arrivés, nous avons été accueillis au commissariat par la cellule régionale qui était composée du Haut commissaire, du représentant de la brigade de la gendarmerie et des directeurs provinciaux ( Environnement, Eaux et Forêts). Ils nous ont accueillis pour avoir le motif de notre venue. Et comme je l’ai dit, c’était pour avoir une idée de la situation, l’état d’avancement, encourager, apporter notre soutien aux familles des victimes et  aussi à la cellule. On s’est entretenu avec les membres de la cellule provinciale, qui nous ont briefé sur la situation générale, sans aller en profondeur. Parce que le Haut commissaire nous a fait comprendre que lui n’était pas habilité à nous donner des informations. Parce que c’est le gouvernement qui fait le point au quotidien, et la communication se faisait à ce niveau. Après, nous avons fait un don modeste aux parents des victimes, à savoir 15 sacs de riz de 50 kg, 15 cartons de spaghetti et 15 cartons de sardines) . Nous avons rendu une visite de courtoisie au chef coutumier. Dans la soirée nous sommes repartis à Koudougou pour participer à la réunion de la cellule provinciale de crise composée du Ministre du Travail, Bassolma Bazié, celui des Mines, Jean Alphonse Somé ainsi que des autorités comme le Haut commissaire, le  Gouverneur et les Directeurs centraux.

Quelles sont, selon vous, les responsabilités à établir ?

Je ne pourrais me prévaloir le droit de rentrer en profondeur sur un certain nombre de choses. Néanmoins si je ne m’appuie rien que sur ce que j’ai entendu de la part des autorités religieuses dans la commune de Réo, il ressort que la mine est gravement fautive. La mine est fautive de la situation, parce que, il y a eu un cas de négligence de la situation. En plus, quand nous regardons, aujourd’hui, nous sommes au 26 e jour où  des gens sont emprisonnés, c’est-à-dire ça dénote un manque criard de la politique sécuritaire au sein des galeries. Parce que, il ressort que la mine n’a qu’une seule entrée et une seule sortie. Chose même  qui complique les travaux. Si nous avons une mine qui a atteint ses profondeurs de près de 580 à 600 mètres de profondeur et qu’il faut jusqu’à 3 semaines, on arrive pas à évacuer les eaux, c’est-à-dire que la mine n’a pas pris en compte, n’a pas fait les évaluations de risques de la situation même d’abord. De prime abord, on voit que c’est comme si il y a une négligence sur  cet aspect sécuritaire. Sinon je ne puisse pas comprendre que, près de 4 semaines après, on n’arrive pas à voir le bout du tunnel. C’est qu’ il y a un vrai problème qui est là.

Quelle sera la suite de votre action menée lors de cette sortie à Perkoa

À l’issue de cette sortie, nous sommes en train d’observer comme tout le reste, parce que, aussi malheureuse que soit la situation, je pense que, elle nous donne encore  beaucoup de motifs de réforme et de communication sur ces industries étrangères qui sont implantées sur notre sol. Parce que, c’est vrai, nous avons des frères qui sont piégés sous galeries, mais cette situation vient révéler au grand jour un grand manquement dont nous ferons cas sous forme de communication, ou sous forme d’interpellation à  l’autorité d’état sur un certain nombre de choses. Parce que nous constatons, en réalité, qu’ à l’issue de ça, la vie même de nos compatriotes a été carrément négligée. Je me dis, si c’était peut-être  un Français, ou un Américain qui était dans ces galeries, c’est sûr qu’ on serait déjà au bout du tunnel. Parce que au premier jour, n’eût été  la veille citoyenne, et puis la pression des gens, je pense que la mine n’allait pas s’exécuter, et peut-être elle serait dans une dynamique d’étouffer même  l’affaire.Toute chose qui montre que la sécurité de l’employé n’est pas une priorité chez eux. J’ai lu certaines déclarations de l’unité d’action syndicale qui montre qu’ils ont dynamité, puisqu’ il y avait des bassins d’eaux là-bas, qu’ils ont dynamité à quelques jours de l’éboulement sans prendre des mesures en cas d’éventuels éboulements. Je comprends en réalité qu’ il faut revoir tout. Tout est à revoir.

Pensez vous qu’il y a espoir,  à ce jour, de trouver ces personnes en vie ?

En tout cas, mon souhait est qu’on puisse retrouver ces gens en vie. Je me base sur la discussion avec les autorités coutumières et religieuses, parce que c’est ce qu’on a sur la main.Je ne suis pas rentré dans les galeries, mais il ressort qu’ il y a de l’espoir. On a eu un entretien avec le chef coutumier qui a dit qu’ il y avait une mésentente entre deux communautés où il fallait descendre jusqu’à une profondeur de 580 mètres pour faire des sacrifices. Et tous les sacrifices qu’ils ont eu à faire, tout est porteur d’espoir.

Quelles sont les activités à venir du MCP ?

Les activités du MCP, comme nous sommes dans la veille citoyenne, tout ce qui touche à l’intérêt supérieur de la nation, l’intérêt des Burkinabè, nous intéresse. Je ne saurais entrer dans les détails, … toutefois vous serez tenu informé des activités à venir.

Propos recueillis et retranscrits par K.Fiakofi