Égypte : Radwa Helmi, première femme juge à présider une audience au plus haut tribunal de l’Etat

Radwa Helmi est entrée dans l’histoire en tant que première femme juge à siéger au conseil d’État égyptien, l’un des plus hauts tribunaux du pays arabe.

Helmi a fait son apparition dans un palais de justice du Caire, faisant partie des 98 femmes nommées l’année dernière pour rejoindre le conseil, l’un des principaux organes judiciaires égyptiens, après une décision du président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi. Le 5 mars est devenu un jour historique pour les femmes égyptiennes, a déclaré, à Egypt Today, la présidente du Conseil national des femmes (NCW), Maya Morsi. Cette décision est intervenue peu de temps avant le 8 mars, Journée internationale de la femme. En Égypte, pays arabe le plus peuplé, les femmes ont mené une bataille difficile pendant des années pour faire valoir leurs droits. L’Égypte compte des centaines d’avocates mais il a fallu des décennies à une seule pour gravir les échelons judiciaires et devenir juge.

Femmes marginalisées, dans une Egypte moderne

Bien qu’aucune loi n’interdise aux femmes d’être juges en Égypte, le système judiciaire de ce pays conservateur à majorité musulmane est traditionnellement, exclusivement, masculin. Le conseil d’État a été créé en 1946 en tant qu’organe indépendant qui statue principalement sur les litiges administratifs et les affaires disciplinaires. Depuis la fondation de l’Égypte en tant qu’État moderne, les femmes ont été marginalisées, elles ont obtenu le droit de voter et de se présenter aux élections publiques en 1956, mais leurs droits personnels sont restés ignorés. La plupart des femmes n’ont aucune autorité sur leurs enfants ou leur vie personnelle. Cette responsabilité étant souvent déléguée à des tuteurs masculins, en vertu d’une loi inspirée de la charia. Les femmes occupent actuellement environ un quart des postes ministériels et 168 sièges au parlement de 569 membres. En mai 2021, le grand imam de la prestigieuse Université Al-Azhar du Caire, la plus haute institution sunnite d’Égypte, a pesé dans le débat. Cheikh Ahmed al-Tayeb a déclaré au Guardian journal qu’aucun édit religieux n’empêche les femmes d’occuper des postes de haut rang, de voyager seules ou d’avoir une part équitable des droits d’héritage.

K.Fiakofi