Ethiopie: Au moins 20 morts dans des affrontements entre  chrétiens orthodoxes  et musulmans

Au moins 20 personnes ont été tuées le mardi 26 avril 2022 à Gondar, ville de la région éthiopienne de l’Amhara (nord-ouest), dans une attaque menée par des « extrémistes chrétiens » lors des funérailles d’un dignitaire musulman local, a rapporté mercredi 27 avril 2022 un organisme islamique cité par VOA Afrique.

Interrogé par la radio-télévision publique éthiopienne EBC, le maire de Gondar, Zewdu Malede,cité par VOA a simplement confirmé que « quelques extrémistes » – dont il n’a pas précisé la communauté – avaient provoqué un « incident » ayant abouti à des « destructions de biens et des pertes en vie humaines des deux côtés », musulmans et chrétiens.  Dans un communiqué, le Conseil des affaires musulmanes de la région Amhara affirme qu’un « massacre a été perpétré le 26 avril 2022  envers des musulmans qui s’étaient rassemblés au cimetière Cheikh Elias, dans la ville de Gondar, par des extrémistes chrétiens armés d’armes individuelles et collectives ». Ceux-ci « ont déclenché un feu roulant d’armes automatiques et de grenades », précise le Conseil, ajoutant « que selon les informations en (sa) possession, 20 personnes ont été tuées ». Des blessés ont été transportés à l’hôpital et de nombreux biens appartenant à des musulmans ont été pillés, poursuit-il.

Des funérailles à l’origine des violences

Un différend entre chrétiens orthodoxes, religion la plus représentée en Ethiopie et très majoritaire en Amhara – et musulmans à propos du cimetière où avaient lieu les funérailles pourrait être à l’origine des violences a  rapporté Médiapart. L’endroit où le dignitaire musulman décédé a été enterré est à la limite entre une mosquée et une église orthodoxe, ce qui a rendu furieux certains chrétiens, a expliqué sous le couvert de l’anonymat un membre des forces locales de sécurité joint à Gondar par l’AFP. « En dépit d’actions incessantes pour prendre possession du cimetière Cheikh Elias, l’endroit a toujours été historiquement un cimetière musulman« , se défend de son côté,   le Conseil des affaires musulmanes de la région Amhara dans son communiqué.

Les violences sont le fait « d’extrémistes, ils ne représentent en aucun cas les communautés chrétienne et musulmane », a souligné le maire de Gondar.

Oumou Konaté