Kenya: La sécheresse plonge 3,5 millions de Kényans en situation d’urgence alimentaire

Selon un rapport publié par l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), au moins 3,5 millions de Kényans ont désespérément besoin d’aide alimentaire à la suite d’une sécheresse atroce.

Le rapport de l’IGAD publié le week-end, dans le contexte d’une prévision de faibles pluies de mars à mai, indique que la situation alimentaire ne peut qu’empirer. Les niveaux de précipitations dans les zones arides et semi-arides du nord du Kenya ont été de 26 à 50 % inférieurs aux prévisions au cours de la saison des pluies d’octobre à décembre de l’année dernière. Le Kenya, l’Éthiopie et la Somalie seront les plus durement touchés par la crise de la sécheresse, selon l’étude. Au Kenya, les terres arides et semi-arides sont les plus touchées, le pays ayant subi une baisse de 70 % de la production agricole. La plupart des régions du pays ont connu peu ou pas de précipitations depuis 2020 et ce sera la quatrième saison consécutive que les pluies ne répondront pas aux attentes traditionnelles.

Pénurie de  nourriture

Selon le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires, OCHA, cité par Nation Africa,  plus de 90 % des sources d’eau à ciel ouvert dans les terres arides et semi-arides du Kenya se sont asséchées et les autres ne devraient durer qu’entre un et deux mois. OCHA avertit que les communautés riveraines du lac Turkana ne peuvent pas continuer à survivre grâce à la pêche. Les appels se multiplient en faveur d’une intervention d’urgence pour soutenir les pasteurs et les habitants des comtés du nord du Kenya confrontés à la famine. La sécheresse a également poussé des centaines d’animaux sauvages de leur habitat naturel vers des fermes privées, à la recherche d’eau et de pâturages. Le Département météorologique du Kenya, KMD, a déjà mis en garde contre la mauvaise répartition des précipitations pour le reste de la saison des pluies de mars à mai, attribuant cette éventualité à la basse pression sur l’hémisphère sud et à la haute pression sur l’hémisphère nord qui l’a rendue défavorable pour le pays à recevoir des pluies.

Hausse du  niveau de l’insécurité alimentaire

Tout en notant que les pluies de cette saison jouent un rôle important pour la région de l’IGAD, le secrétaire exécutif, Workneh Gebeyehu, a exprimé ses craintes que des facteurs de stress supplémentaires qui ont récemment frappé la région, parmi lesquels la pandémie de Covid-19 ainsi que le conflit Ukraine-Russie, vont  augmenter les niveaux d’insécurité alimentaire dans la Corne de l’Afrique.« Les pluies, de mars à mai, sont cruciales pour la région et malheureusement, nous envisageons non seulement trois, mais potentiellement quatre saisons ratées, consécutives. Ceci associé à d’autres facteurs de stress tels que les conflits dans notre région et en Europe, l’impact du Covid-19 et les défis macro-économiques, a conduit à des niveaux aigus d’insécurité alimentaire dans la Grande Corne de l’Afrique », a déclaré à Nation Africa, Gebeyehu. Selon le groupe de travail sur la sécurité alimentaire et la nutrition coprésidé par l’IGAD et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture FAO, plus de 29 millions de personnes sont confrontées à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire dans la région de l’IGAD.« Déjà, 15,5 à 16 millions de nos frères et sœurs ont besoin d’une aide alimentaire immédiate en raison de la sécheresse.

K.Fiakofi