L’histoire de Ghetto Kids : Ces enfants de rues de Kampala devenus stars

Près d’une décennie qu’ils inondent les réseaux sociaux du continent et du monde entier de leurs danses chaloupées et saccadées. Les Ghettos Kids de Daouda Kavuma se sont illustrés à nouveau avec leur apparition remarquée dans le clip de « ODG », la chanson la plus shazamée de l’année au Nigeria.

Ils ont entre 9 et 13 ans et sont originaires des bidonvilles de Kampala en Ouganda

En 2014, Alex, Fred, Bachir, Patricia et Isaac, se filment en dansant sur la musique Sytia Loss d’Eddy Kenzo. La vidéo accumule plus de 8 millions de vues en quelques semaines sur Youtube et les réseaux sociaux. Le chanteur Eddy Kenzo déclarera « Je n’ai pas eu connaissance de l’existence de ce clip jusqu’à ce qu’un ami m’en parle. […] Il m’a fallu environ deux semaines pour les retrouver à Katwe ». Le chanteur les invite alors à participer au clip officiel de la chanson qui sortira en septembre de la même année. Cette collaboration marque le début des Ghetto Kids et permet aux enfants de retourner à l’école et à Daouda Kavuma d’acheter du matériel pour développer le groupe. Daouda Kavuma, selon Africanews, accueille chez lui des dizaines d’enfants depuis 2013. Lui-même a connu une enfance difficile. Dans un reportage de Africanews, il explique que son père avait 6 femmes et 30 enfants, il est mort alors qu’il n’avait que 7 ans. Il a dû lutter pour faire vivre sa grande famille. Grâce à ses talents de footballeur, Daouda Kavuma décroche une bourse d’études et devient enseignant ». « Il y a dix ans, il a trouvé 3 enfants qui ne pouvaient pas non plus payer leurs frais de scolarité et il leur a appris quelques figures de danse », relate notre source. « Tous ces enfants viennent du ghetto, des bidonvilles de Kampala et de tout l’Ouganda. Notre danse c’est le nacho, elle respire le bonheur que nous offrons au monde. Que vous soyez malade, que vous n’ayez rien à manger ou que vous ayez perdu vos parents, vous devez rester heureux, la vie continue, peu importe comment vous allez, le bonheur est gratuit », explique Daouda Kavuma.

C’est une vidéo postée en janvier 2014 sur Youtube qui les a propulsés au rang de stars, aujourd’hui elle affiche des millions de vues.

Des tournées et des talents salués partout dans le monde

Daouda Kavuma compose et produit plusieurs musiques pour le groupe qui partira en tournée à travers l’Afrique et au Royaume-Uni dans les mois qui suivront. Le 30 novembre 2015, Alex alors âgé de 14 ans décède des suites d’un accident de vélo. Malgré ce décès, le groupe perdure et continue ses tournées dans toute l’Afrique. Le groupe suscite l’admiration d’artistes américain comme P. Diddy et Nicky Minaj et en 2017, une participation au clip de Unforgettable de French Montana amorce leur succès aux Etats Unis.

Kayondo Madiwanah King, 13 ans, a rejoint l’aventure il y a quelques mois : « J’avais l’habitude de danser dans la rue pour récupérer quelques sous pour pouvoir acheter à manger à mes parents. Un jour, le groupe m’a vu et m’a demandé si je voulais les rejoindre. Moi je voulais juste danser, alors j’y suis allé. Quand mon père m’a dit maintenant tu es un Ghetto Kids, je ne pouvais pas y croire, j’étais tellement heureux. » a-t-il raconté à Africanews. Adoubés par des stars planétaires comme P.Diddy ou Nicky Minaj, des bidonvilles de Kampala aux clips de French Montana ou Eltee Skhillz, les Ghetto Kids n’ont pas fini d’écrire leur success story.

Oumou Konaté