Libye : Des allégations de torture généralisée dans les centres de détention, selon une enquête de l’ONU

Des enquêteurs de l’ONU ont dénoncé lundi 28 mars une pratique généralisée et systématique de la torture dans les centres de détention en Libye

Le rapport de la mission d’enquête du Conseil des droits de l’homme de l’ONU a fourni de nouvelles preuves des attaques continues et répétitives contre les détenus. Cela inclut les lieux de détention déjà épinglés, mais aussi d’autres centres officiels et sites gérés par des milices agissant sous l’égide de l’Etat libyen. La mission a constaté les mêmes schémas d’actes que ceux identifiés dans son premier rapport. Ses investigations ont renforcé la conviction de la mission que les personnes emprisonnées en Libye sont couramment détenues arbitrairement pendant des périodes prolongées. Elles seraient systématiquement torturées, violées ou menacées de viol, y compris sur des membres féminins de leur famille et parfois tuées, a indiqué l’ONU dans son rapport. La mission a indiqué que les détenus sont généralement soumis à des disparitions forcées, à des extorsions d’aveu et à des conditions inhumaines de détention, entre autres violations et abus.

A en croire les enquêteurs, il existe des motifs raisonnables d’affirmer que les droits de l’homme et le droit humanitaire international sont violés dans plusieurs centres de détention secrets en Libye.

Les détenus soumis à des disparitions forcées, à des extorsions d’aveux

Des preuves d’abus commis dans les centres de détention des migrants

Plusieurs de ces prisons déclarées fermées fonctionnent encore en secret. Des réseaux de prisons secrètes seraient toujours contrôlés par différentes milices armées. Plus largement, ces détentions arbitraires et disparitions forcées en Libye s’accompagnent régulièrement d’abus et de “conditions inhumaines”, selon les enquêteurs de l’ONU. Ces derniers ont dévoilé de nouvelles indications sur des actes équivalant à des crimes contre l’humanité.”Nous avons découvert des preuves supplémentaires que les violations des droits de l’homme subies par les détenus en Libye sont généralisées, systématiques ou les deux”, a déclaré à News Un, Mohamed Auajjar, Président de la Mission d’établissement des faits. Nous avons davantage de preuves a insisté le Président de la mission. Depuis octobre, des milliers de personnes ont été interceptées en mer et ramenées en Libye où elles font face à ces conditions inhumaines, selon les enquêteurs. Les incidents documentés dans le nouveau rapport comprennent également le raid sur le quartier de Gargaresh à Tripoli au début du mois d’octobre 2021, visant des étrangers et des migrants.
K.Fiakofi