Libye : Un groupe armé stoppe la production pétrolière de deux gisements majeurs

La Compagnie nationale de pétrole en Libye a annoncé le dimanche 6 mars 2022 la suspension de la production pétrolière de deux gisements majeurs, causant d’importantes pertes pour ce pays très dépendant de la vente d’hydrocarbures et qui connaît une grave crise politique rapporte.

Selon Africanews, la production a été stoppée après qu’un groupe armé a « fermé les vannes acheminant le brut » sur les sites d’al-Charara et al-Fil, forçant la compagnie à « déclarer l’état de force majeure », mesure qui permet une exonération de sa responsabilité en cas de non-respect des contrats de livraison, a indiqué la Compagnie nationale de pétrole (NOC) sur Facebook. La Libye, qui dispose des réserves les plus abondantes du continent, tente de s’extirper de plus d’une décennie de troubles depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, dans le sillage du Printemps arabe selon notre source.

Un précédent entre 2014 et 2016

Le gisement d’al-Charara, situé à environ 900 km au sud de Tripoli, produit en temps normal 315 000 barils par jour, sur une production nationale de plus de 1,2 million de barils par jour, contre 1,5 à 1,6 million avant 2011. Il est géré par la société Akakus, coentreprise entre la NOC, l’Espagnol Repsol, le Français Total, l’Autrichien OMV et le Norvégien Statoil. Le gisement al-Fil, situé dans le bassin de Morzouq à 750 kilomètres au sud-ouest de Tripoli, est géré par la coentreprise Mellitah Oil & Gas, entre la NOC et le géant italien Eni. Quelque 70 000 barils y sont produits habituellement chaque jour. Selon la NOC, le groupe armé dirigé par un certain Mohamed al-Garj avait déjà fermé les vannes à plusieurs reprises entre 2014 et 2016.

Oumou Konaté