Maroc : Dix ans de prison requis contre le journaliste Omar Radi pour ‘’espionnage’’ et ‘’viol’’

Le parquet marocain a requis mardi dernier,  en appel,  la peine maximale de dix ans de prison contre le journaliste, condamné en première instance à six ans ferme dans une double affaire d' »espionnage » et de « viol », rapporte la Rtbf.

Le ministère public réclame  « la peine maximale contre l’accusé au regard des éléments à charge », a indiqué son représentant devant la cour d’appel de Casablanca, selon une journaliste de l’AFP sur place. Le reporter indépendant de 35 ans, connu pour ses positions critiques envers les autorités, est poursuivi pour « atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat » avec « financement de l’étranger » et pour « viol », deux affaires distinctes, instruites et jugées conjointement. Selon le procureur, M. Radi a rencontré des représentants diplomatiques néerlandais — présentés par le parquet comme des « officiers de renseignement », ce qui à ses yeux « prouve la culpabilité » du journaliste qui de son côté a réfuté ces allégations. Ce dernier est également accusé d’avoir « fourni des informations de l’ordre de l’espionnage » à deux sociétés de conseil économique britanniques.

M. Radi a affirmé avoir réalisé « des audits de vérification » pour ces deux cabinets britanniques mais il a assuré n’avoir fait que son travail de journaliste en s’appuyant sur des données ouvertes au public.

Omar Radi, est soutenu par une campagne de solidarité au Maroc et à l’étranger

M. Radi est accusé en plus d’avoir perçu  un financement d’une fondation philanthropique basée à Genève, Bertha. Ce qu’il réfute, arguant qu’il s’agit d’une bourse. Le ministère public estime, lui, que le journaliste a collaboré avec une fondation « hostile à l’intégrité territoriale du pays », en référence au Sahara occidental que se disputent le Maroc et les indépendantistes du Front Polisario. L’enquête pour « espionnage » a été ouverte fin juin 2020 après la publication d’un rapport d’Amnesty International affirmant que le téléphone de M. Radi avait été piraté par les autorités marocaines via le logiciel israélien Pegasus. Une accusation rejetée par Rabat.

Dans une tout autre affaire, une ex-collègue du journaliste, a réaffirmé avoir été « victime de viol » durant son audition tenue à huis clos. M. Radi, lui, a parlé de « relations librement consenties ».  L’accusation de « viol » est passible de dix ans d’emprisonnement. Omar Radi, soutenu par une campagne de solidarité au Maroc et à l’étranger, a toujours affirmé être poursuivi en raison de ses écrits, notamment en faveur des mouvements sociaux et contre la corruption.

Pierre Oued.