Maroc : L’UE veut renforcer sa coopération avec le Maroc dans la lutte contre l’immigration clandestine

L’UE va élargir sa coopération avec le Maroc alors que l’Espagne est confrontée à un afflux de migrants dans son enclave de Melilla, près du Maroc. De par sa situation géographique, le Maroc connaît un fort mouvement de flux migratoires en provenance des pays subsahariens et à destination de « l’Eldorado européen ».

Selon Allafrica, Melilla et Ceuta, l’autre enclave espagnole, constituent les seules frontières terrestres de l’Union européenne sur le continent africain. De plus en plus de migrants empruntent également la route maritime des Canaries, archipel espagnol situé à une centaine de kilomètres des côtes du sud du Maroc. Une route qui n’est pas sans danger.
La plupart des migrants viennent d’Afrique du Nord et de l’Ouest, selon l’organisation humanitaire espagnole « Caminando Fronteras » : principalement du Sénégal, du Maroc et du Mali. Environ 4.400 personnes seraient mortes en tentant de rejoindre les îles Canaries en bateau en 2021, selon l’organisation. Elle a expliqué que leur nombre a doublé par rapport à 2020.
La route atlantique ouest-africaine vers les îles Canaries est actuellement la plus empruntée par les migrants, a indiqué DW.com. D’autres choisissent la route de la Méditerranée occidentale via le Niger, le Mali, l’Algérie, le Maroc et plus loin à travers la Méditerranée vers l’Espagne. Ou bien ils prennent la route de la Méditerranée centrale qui mène de la Libye à Malte ou à des îles italiennes comme Lampedusa ou la Sicile.
L’OIM (Organisation internationale pour les migrations) suppose également que la migration sur la route Atlantique de l’Afrique de l’Ouest augmentera à l’avenir. « Davantage de personnes sont mortes ou ont disparu le long de cette route ces dernières années. En 2021, 73 accidents maritimes ont été enregistrés le long de cette route, tuant 1.109 migrants », explique Alpha Seydi Ba, porte-parole de l’OIM à Dakar. Plus des trois quarts de ces décès documentés concernent des personnes portées disparues et déclarées mortes.
En 2020, 25,4 millions d’Africains ont migré vers un autre pays à la recherche d’un avenir meilleur, selon l’OIM qui précise que 80 % des migrants africains restent en Afrique. La Côte d’Ivoire et l’Afrique du Sud accueillent la majorité d’entre eux.
L’OIM affirme ne pas être contre la migration : « C’est un droit fondamental et non seulement bénéfique pour les migrants mais aussi pour les communautés d’accueil », souligne Seydi Ba, porte-parole de l’organisation. Cependant, pour réaliser le potentiel de la migration pour une croissance économique durable, celle-ci doit être sûre, ordonnée et régulière.

Fatimata COMPAORE