Nigeria : L’insécurité, cause de la déscolarisation des enfants, des filles notamment

Environ 18,5 millions d’enfants, en majorité des filles, n’ont pas accès à l’éducation au Nigeria, a rapporté le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), qui s’est alarmé de la forte hausse de ce chiffre par rapport à 2021. Les nombreuses attaques des écoles en sont la cause principale.

Le nombre d’enfants déscolarisés au Nigeria est passé de 10,5 millions en 2021, à 18,5 millions cette année, selon un rapport du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef). Selon l’organe onusien, la plupart de ses enfants sont des filles. « Actuellement au Nigeria, il y a 18,5 millions d’enfants déscolarisés, dont 60% (plus de 10 millions) de filles », a déploré mercredi devant des journalistes le responsable du bureau de l’Unicef à Kano (nord), Rahama Farah, cité par Africanews. A en croire ce responsable, au Nord du Nigeria, seule une fille sur quatre issue de « familles pauvres et rurales » termine le collège. L’insécurité, a-t-il souligné, « accentue les inégalités de genre ».

L’insécurité la principale cause de la déscolarisation

Les enlèvements d’enfants sont fréquents et se multiplient au Nigeria. Les nombreuses attaques menées contre des écoles par des djihadistes et des gangs criminels dans le nord ont en particulier nui à l’éducation des enfants. L’année dernière, environ 1 500 élèves ont été kidnappés par des hommes armés, selon l’Unicef. « Ces attaques ont créé un environnement d’apprentissage précaire, décourageant les parents et les tuteurs d’envoyer leurs enfants à l’école », a expliqué Rahama Farah.
Depuis l’enlèvement par Boko Haram en 2014 de 200 écolières de la ville de Chibok, dans le nord-est du pays, des dizaines d’écoles ont été la cible d’enlèvements de masse similaires.

L’Unicef s’inquiète pour la scolarisation des filles

A en croire l’Unicef, les attaques contre les écoles ont surtout visé les filles. Ce qui a sapé la confiance des parents dans la sécurité des établissements et les a découragés à y envoyer leurs enfants. On se souvient encore du spectaculaire enlèvement, en avril 2014, il y a huit ans, des lycéennes de Chibok. A ce jour, une centaine d’adolescentes manquent toujours à l’appel. « Bien que nous nous battions pour l’accès à l’éducation de tous, celle des filles nous préoccupe plus particulièrement : les filles jouent un rôle important dans la société, en tant que mères de famille, en tant que femmes. Si nous ne sommes pas en mesure de les envoyer à l’école pour relever les défis autour des questions de santé, de mortalité infantile, de mortalité maternelle, de malnutrition, c’est tout le Nigeria qui risque d’en pâtir. », a déclaré Azuka Menkiti, spécialiste de l’éducation au sein de l’organisation, jointe par rfi.
Face à cette situation, l’Unicef demande un meilleur accès à l’éducation pour les filles du Nord du Nigeria.
L’organe onusien demande notamment au gouvernement, de créer des établissements scolaires supplémentaires, en particulier dans un rayon de deux kilomètres, pour s’assurer que chaque enfant puisse aller à l’école.

Line Rose