Soudan:    Plus d’une  centaine de  militants et défenseurs des droits humains libérés par la junte au pouvoir

115 militants des droits de l’homme ont été libérés dimanche par les autorités alors que les manifestations sont toujours fréquentes dans plusieurs villes du pays après le coup d’Etat du 25 octobre 2021 orchestré par les militaires mettant fin au gouvernement de la transition.  

La libération de ces militants des droits humains a coïncidé avec la visite de l’émissaire des Nations Unies, le sénégalais Adama Dieng qui a passé 5 jours à Khartoum dans des discussions avec des officiels soudanais et des membres de la société civile. Il dressait un bilan sceptique jeudi dernier sur le sort réservé à beaucoup de manifestants arrêtés ainsi que des opposants.

Il a souligné que l’effort des militaires dans les récentes libérations d’opposants n’était pas suffisant. Une déclaration bien indiqué puisque le lundi 28 février, lors d’un regroupement de plusieurs milliers de personnes opposées au coup d’Etat militaire du général Abdel Fattah al-Burhane mettant fin à la transition civile, un manifestant a été tué d’une balle dans la tête, selon des médecins pro-démocratie, cités par euronews. Environ   84 personnes  ont été tuées lors des répressions au cours des 4 mois de manifestations qui ont jalonnées le pays.

 Adama Dieng devrait rendre son rapport en juin, sur la répression contre le mouvement de  contestation. L’émissaire de l’ONU a  souligné avoir fait part de ses préoccupations aux autorités militaires.

« J’ai fait part de mes inquiétudes aux autorités quant aux pouvoirs élargis qui ont été octroyés aux forces de sécurité à la faveur de l’état d’urgence, dit-il. Cet état d’urgence a eu un effet néfaste sur les Droits humains, avec des attaques sur les hôpitaux, le harcèlement de journalistes, les arrestations et détentions arbitraires de militants ainsi que des cas de torture. », a indiqué l’émissaire de l’ONU, selon RFI.

« J’ai appelé les autorités soudanaises à mettre fin à l’usage de la violence excessive contre les manifestants, à lever l’état d’urgence, à libérer tous les militants toujours en détention, et à mener à bien des enquêtes impartiales sur ces violations des droits humains », a-t-il poursuivi.

Pour rappel, après le départ forcé de l’ancien président Omar El-Béchir le 19 avril 2019 sous la pression de la rue et des militaires, un gouvernement composé de civils et militaires avait été mis en place. Ce dernier sera renversé par le général Abdel Fattah al-Burhane et ses hommes, replongeant le pays dans des manifestations meurtrières qui durent depuis  4 mois.

Lucien DAKISSAGA