Soudan: Une marche contre la crise économique et le régime militaire réprimé dans le sang

Les forces de sécurité soudanaises ont ouvert le feu, lundi, alors que des populations dans plusieurs villes manifestaient contre le régime militaire et la détérioration de la situation économique, selon l’AFP.

Les prix du pain et des transports ont grimpé en flèche ces derniers jours et les manifestants ont défilé pour exiger un retour à un régime civil et protester contre la hausse du coût de la vie. Des manifestations régulières appelant à un régime civil ont eu lieu depuis le coup d’État militaire mené par le chef de l’armée Abdel Fattah al-Burhan, le 25 octobre, avec une répression brutale faisant 87 morts, selon les médecins. »A bas le régime militaire », ont scandé les manifestants à Damazin, une ville située à quelque 450 kilomètres au sud-est de la capitale Khartoum.Les forces de sécurité ont ouvert le feu pour disperser les manifestants, a déclaré à l’AFP, un  témoin. Dimanche, le prix du pain a bondi de plus de 40 %, passant de 35 à 50 livres soudanaises, soit de cinq à huit cents américains.Alors que les coûts du carburant augmentent, le coût du transport a également bondi de 50 % à travers le Soudan.À Nyala, capitale de l’État du Sud-Darfour, dans l’ouest, les forces de sécurité ont tiré un barrage de grenades lacrymogènes pour arrêter les foules. »Non à la hausse des coûts », ont scandé les  manifestants, ajoutant « Non au régime militaire ».

Inadmissible

Parmi les manifestants à Nyala, il y avait également des résidents des vastes camps mis en place lorsque les gens ont été chassés de chez eux pendant le conflit qui a éclaté au Darfour en 2003. « La situation est devenue intolérable », a déclaré à l’agence de presse officielle Suna Hasham Khedr, le chef du Syndicat des cheminots. L’insécurité alimentaire est un problème majeur au Soudan, où une personne sur trois dépend de l’aide, selon les Nations unies. La situation a été exacerbée lorsque le coup d’État militaire d’octobre a déclenché une large condamnation internationale et des mesures punitives qui comprenaient une suspension de 700 millions de dollars de l’aide américaine. A Khartoum, des « comités de résistance » locaux ont appelé à manifester pour exiger le retour à un régime civil et la libération des détenus. Les autorités ont rassemblé des centaines de manifestants pro-démocratie depuis le coup d’État, dont beaucoup ont été libérés ces dernières semaines. Lundi, trois manifestants ont été arrêtés à Nyala, selon l’AFP qui cite des militants. Depuis le putsch du chef de l’armée, la répression a fait 87 morts et des centaines de blessés parmi les manifestants, selon des médecins pro-démocratie, tandis qu’un policier a été tué, selon la police  .

K.Fiakofi