Les chefs d’Etat et de gouvernements de la CEDEAO se sont retrouvés le 22 décembre 2018 à Abuja au Nigéria à l’occasion du 54e sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’institution sous régionale. Les chefs d’Etats se sont prononcés sur la situation sécuritaire et surtout les crises politiques dans certains pays de la sous-région notamment en Guinée- Bissau et au Togo. La question sur la monnaie unique de l’espace CEDEAO était aussi au menu de la rencontre.
Comme il fallait si attendre, le 22 décembre 2018 le sommet des chefs d’Etat s’est penché sur la situation au Togo confronté à une crise politique. Dans son discours d’ouverture le président de la conférence, le président nigérian Muhammadu Buhari a indiqué que la CEDEAO a aidé les gouvernements du Togo et du Mali à trouver des solutions aux problèmes politique et sécuritaire. Selon les termes du communiqué final du sommet, l’organisation a salué les efforts déployés par les deux facilitateurs afin que les parties prenantes au dialogue inter-togolais respectent et mettent en œuvre la Feuille de route, dans un esprit d’ouverture et de responsabilité et noté avec satisfaction les progrès et les acquis enregistrés. Tout en regrettant le boycott d’une partie de l’opposition togolaise, la CEDEAO s’est félicitée de la tenue effective le 20 décembre 2018 de l’élection législative et dit avoir « pris acte des informations fournies par le Gouvernement togolais concernant le projet de réforme constitutionnelle et se félicite de son engagement résolu à assurer l’adoption rapide des réformes constitutionnelles, en privilégiant la voie parlementaire pour leur mise en œuvre diligente ». S’agissant de la crise en Guinée-Bissau la conférence dit être préoccupée du retard observé dans la tenue des élections législatives dans ce pays. « Elle prend note des problèmes techniques liés à l’indisponibilité des kits électoraux ainsi qu’aux difficultés occasionnées par certains acteurs politiques qui ont entraîné des retards dans le processus d’enregistrement des électeurs », peut-on lire dans le communiqué final. Les sénégalais ainsi que le nigérians seront appelés aux urnes en février 2019 pour élire leurs présidents. Ces échéances préoccupent la communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest. Aussi a-t-elle appelé à la tenue des élections libres, pacifiques et transparentes dans ces deux pays. Bon nombre de pays membres de la CEDEAO sont en proie aux attaques terroristes. La conférence a exprimé sa solidarité aux pays affectés. Elle a salué des initiatives de coopération opérationnelle entre certains Etats membres en vue de lutter efficacement contre le fléau du terrorisme. « La Conférence réaffirme son soutien à la Force Conjointe du G5 Sahel et à la Force Multinationale Mixte du Bassin du Lac Tchad et réitère son appel à tous les Etats membres, dans un esprit de solidarité intercommunautaire, d’apporter un appui matériel, financier, technique et en renseignements aux forces armées des Etats engagés dans la lutte contre le terrorisme dans le Bassin du Lac Tchad et au Sahel », ajout-elle. Autre point saillant de la rencontre était la question de la monnaie unique dans l’espace CEDEAO. A ce sujet, la Conférence note avec satisfaction les progrès réalisés « dans la mise en œuvre du programme de la monnaie unique de la CEDEAO ». Elle a pris note du rapport du Président de la Commission sur l’état d’exécution des directives de sa 53ème session tenue le 31 juillet 2018 à Lomé ainsi que les recommandations pertinentes formulées qui permettront de doter la région d’une union monétaire stable. Elle a, par ailleurs, donné des orientations portant entre autres sur le régime de change, de l’harmonisation du cadre de la politique monétaire et du modèle de la future banque centrale, le nom et le signe de la future monnaie commune, etc.
Auguste Don de Dieu



















