Jeannette Kagamé, la first lady rwandaise qui combat le sida

Née au Burundi au sein d’une fratrie de sept enfants, Jeannette Kagame est la fille de parents Rwandais Tutsis qui s’y étaient exilés. En 1983, elle va à Nairobi (Kenya) suivre des études supérieures, avant d’y travailler, au sein de la succursale de l’entreprise française Spie Batignolles. Elle rencontre, en 1988, Paul Kagame, qui est chef du renseignement militaire en Ouganda. Le couple se marie l’année suivante.

En 1994, à la fin de la guerre, elle s’implique dans l’action sociale à travers les associations. Deux ans après, elle fonde et dirige une école privée, Green Hills Academy. L’établissement accueille aujourd’hui quelque 900 élèves, de la maternelle à la terminale, issus des milieux plutôt défavorisés. Paul et Jeannette Kagame sont parents de trois garçons et d’une fille : Ivan, Ange , Ian et Brian , tous  Kagame.

Le bien-être des plus vulnérables comme priorité

Elle s’investit dans l’amélioration de la vie des populations vulnérables au Rwanda, en particulier les veuves, les orphelins et les familles démunies.

En mai 2001, elle accueille à Kigali le premier sommet africain des Premières dames sur les enfants et la prévention du VIH / sida. Ce sommet lui inspire la création du PACFA (Protection and Care of Families against VIH / AIDS ou Protection et prise en charge des familles contre le VIH / sida) quelques temps plus tard. Le PACFA est une initiative qui se concentre sur la prévention auprès de tous les membres des familles, bien que par la suite d’autres sujets autre que la maladie aient été inclus comme projets. En 2002, elle cofonde la OAFLA (Organisation of African First Ladies against AIDS ou Organisation des Premières dames d’Afrique contre le VIH / sida) dont elle est la présidente de 2004 à 2006.

Le 26 décembre 2007, elle crée la fondation Imbuto (qui signifie « semence » en kinyarwanda). Imbuto porte plusieurs projets tels l’extension des soins de base, le soutien économique aux familles touchées par le VIH, l’amélioration des connaissances et le changement des attitudes vis-à-vis de la santé sexuelle des adolescents, la protection des jeunes contre le sida, la prévention contre le paludisme, la réussite scolaire des jeunes filles, les bourses d’étude aux jeunes défavorisés, la promotion de la lecture ou encore la culture de l’entreprenariat et du leadership pour les jeunes.

Prix et récompenses

En 2010, Jeannette Kagame reçoit un doctorat honorifique en droit de l’université chrétienne d’Oklahoma, pour sa contribution à la lutte mondiale contre le VIH / sida et la pauvreté. La même année, elle est nommée représentante spéciale sur la nutrition infantile par le Programme alimentaire mondial (PAM). En 2009, l’UNICEF remet le Children’s Champions Award au président Paul Kagame et à son épouse, en reconnaissance de leurs efforts pour améliorer la vie des enfants au Rwanda. En 2007, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) la nomme haute représentante du programme de vaccins contre le sida en Afrique (AAVP), afin d’assurer la participation active des secteurs de la société africaine impliqués dans la recherche et le développement de vaccins contre le VIH et le sida.

Décrite comme « discrète » et se défendant d’exercer une influence politique sur son mari, estimant qu’elle n’est pas une élue, elle poursuit ses études parallèlement à ses engagements de Première dame. Elle obtient plus tard une licence en gestion au Kigali Institute of Science, Technology and Management (KIST) et prépare à distance une maîtrise en finance dans une université étrangère. Avec son mari et sa fille Ange, elle s’implique en faveur du développement des droits des femmes et de leur représentation en politique. Résultats : en 2017, le Rwanda compte 63 % de députées et 35 % de ministres femmes.

Sources: jeuneafrique.com; WikipediaLeylatou TIENDREBEOGO