Washington suspend les avantages commerciaux accordés aux 3 pays

Les préférences commerciales américaines en faveur des pays africains ont été définies principalement dans l’African Growth and Opportunity Act, attenant au Trade and Development Act du 18 mai 2000. Le principal avantage offert par l’AGOA consiste en un accès libre de droits de douane au marché américain pour certains produits. Les objectifs visés sont d’améliorer la politique économique en Afrique pour affronter les défis de la mondialisation et parvenir à une stabilité politique et économique.

Le président américain, Joe Biden, vient de faire une annonce qui va troubler le sommeil de trois dirigeants africains, en l’occurrence Sahle-Work Zewde d’Ethiopie, le colonel Mamady Doumbouya de la Guinée-Conakry et le colonel Assimi Goïta du Mali. En effet, l’homme le plus puissant de la planète a fait part, au Congrès américain, de son intention de retirer ces trois pays de la liste des bénéficiaires de l’AGOA, la loi américaine en faveur de la croissance et des opportunités africaines. Pour une mauvaise nouvelle, c’en est vraiment une, quand on sait ce que représente l’AGOA pour les pays bénéficiaires. Accéder au marché américain sans taxes douanières est non seulement un privilège mais aussi une aubaine en matière d’entrée de devises pour le pays. Il doit inciter les pays à adopter les réformes politiques et économiques nécessaires en offrant aux exportations africaines un accès privilégié au marché des Etats-Unis.

Pour l’Éthiopie où la rébellion au Tigré est sévèrement réprimée dans le sang, le président américain dénonce des violations brutales des droits de l’homme, universellement reconnues. En ce qui concerne la Guinée, il est reproché aux autorités de Conakry de ne pas garantir l’État de droit et le pluralisme politique. L’absence de pluralisme et de respect de l’État de droit est également évoquée pour le cas du Mali qui ne se préoccupe pas, selon la Maison Blanche, des violations des droits de l’homme sur son territoire. À cela s’ajoute, pour les autorités de Bamako, le non-respect des droits des travailleurs internationalement reconnus.

La liste des pays bénéficiaires est révisée tous les ans et l’Éthiopie, la Guinée et le Mali doivent en être exclus le premier janvier prochain. Mais la Maison Blanche précise qu’elle va continuer à évaluer les éventuels progrès faits sur ses sujets de préoccupation.

Source: Allafrica, Cairn.info

Fatimata COMPAORE