Gambie : Indignation suite à l’alliance entre le pouvoir et le parti de l’ex-dictateur

Le parti au pouvoir du président Adama Barrow a signé une alliance, dimanche 5 septembre, avec celui de l’ancien dictateur Yahya Jammeh. Cette décision a suscité l’indignation au sein de la population qui craint une remise en cause de la volonté du pouvoir de poursuivre l’ex-dirigeant pour des violations présumées des droits de l’homme.

Le parti du président Adama Borrow et celui de son ex-adversaire ont décidé de se rapprocher, à quelques mois de la présidentielle, prévue en décembre. Cette nouvelle alliance fait couler beaucoup d’encre et de salive en ce sens qu’il ne serait pas fortuit. Fabakary Tombong Jatta, le secrétaire général de l’Alliance patriotique pour la réorientation et la construction (APRC), le parti de Yahya Jammeh, s’est félicité de l’annonce de l’alliance avec le Parti national du peuple (NPP). Et ce n’est pas pour rien! Des closes auraient été signées. En effet, selon Rfi qui cite le parti de l’ex-dictateur, en cas de réélection du président Adama Barrow, l’APRC demande que les conclusions de la commission Vérité, réconciliation et réparations soient jetées à la poubelle mais aussi que l’ancien président Jahya Jammeh puisse revenir en Gambie. L’objectif est d’assurer que l’ex-chef de l’État « revienne dans le pays de manière pacifique et dans la dignité », a déclaré Fabakary Tombong Jatta, selon Rfi.

Des Gambiens déçus

L’alliance entre le parti au pouvoir et celui de l’ex dictateur a pris de court les Gambiens. Pour certains, il s’agit d’une grande déception. « C’est une déception, voire une trahison », ont tout de suite réagi les associations de défense des droits de l’homme, a rapporté Rfi. Après 22 ans de terreur sous le règne de Yahya Jammeh, les Gambiens souhaitent la justice pour les présumés violations des droits de l’homme, d’où la mise en place de la commission Vérité, réconciliation et réparations. Une commission dont les résultats des enquêtes sera sans doute « jetés à la poubelle” avec la nouvelle alliance. Le procureur de la commission Essa Faal, lui-même candidat à la présidentielle de décembre, doit livrer son rapport le 30 septembre. Pour les Gambiens, sa candidature laisse planer le doute sur la validité du rapport de la commission.

Line Rose