Tchad : Victimes d’Hissène Habré : Une délégation de l’UA échange avec les autorités tchadiennes

Une délégation de l’Union africaine, conduite par Tordeta Ratebaye, directeur de cabinet du président de la Commission de l’UA, par ailleurs,  président du Conseil d’administration du fonds d’indemnisation des victimes d’Hissène Habré est au Tchad. Elle a rencontré ce jeudi dernier  le secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, à l’Intégration africaine et des Tchadiens de l’étranger, Oumar Ibn Daoud.

Cela fait quatre ans qu’Hissène Habré, décédé en août dernier, a été condamné à  la prison à perpétuité mais aussi à indemniser les victimes de son règne (1982-1990). Mais jusqu’aujourd’hui, les victimes attendent toujours.

C’est dans le but de faire avancer le processus d’indemnisation que la mission de l’Union africaine, conduite par le président du Conseil d’administration du fonds d’indemnisation, Tordeta Ratebaye, séjourne au Tchad.

Lors de la rencontre de   jeudi dernier  avec le secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, à l’Intégration africaine et des Tchadiens de l’étranger, Oumar Ibn Daoud, les deux parties ont fait l’état des lieux des avancées et du reste du chemin à parcourir avant que le dédommagement des victimes ne devienne réalité. Pour Tordeta Ratebaye, il y a eu malentendu au départ sur la notion de fonds car les gens pensaient que c’est de l’argent qui existe. Alors que, indique-t-il, le fonds est juste un cadre institutionnel, un organe d’exécution de la décision de réparation prononcée par les chambres africaines extraordinaire afin de mobiliser les fonds nécessaires à l’indemnisation des victimes. C’est pourquoi, insiste-t-il, l’objet de la visite est d’expliquer pour lever le doute et l’incompréhension mais aussi aider à la mise en œuvre effective de ce fonds.

Dans ce sillage, Tordeta Ratebaye souligne qu’un accord a été signé en juin 2019 avec le gouvernement tchadien pour l’établissement du siège du fonds d’indemnisation. L’année suivante, le gouvernement à mis à disposition un siège mais, déplore-t-il, la pandémie de Covid-19 a entravé le processus. Il relève donc qu’ils sont à N’Djamena pour reprendre le contact avec le gouvernement pour préparer la réception du bâtiment, rencontrer les conseils des victimes afin qu’elles désignent leurs représentant pour compléter le conseil d’administration du fonds, installer ce conseil et en fin organiser une conférence des donateurs.

Le secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, à l’Intégration africaine et des Tchadiens de l’étranger, Oumar Ibn Daoud, quant à lui, s’est réjoui de quelques avancées qui sont la désignation par le gouvernement d’un membre et de trois personnes par les associations des victimes pour les représenter au conseil d’administration et la mise à disposition du siège pour le fonds. Le secrétaire d’Etat rassure de la disponibilité du gouvernement à apporter son assistance pour la mise en œuvre effective du conseil d’administration du fonds d’indemnisation. Il exhorte les instances de l’Union africaine à « remplir leurs engagements » pour accompagner le processus.

A l’agenda de cette délégation, il y a également des rencontres avec le ministre de la Justice, le secrétaire général du gouvernement et les conseils des victimes.

Nang-yanan Raoul