Burkina Faso : premier club de presse autour du processus électoral

Les acteurs de la presse burkinabè se sont réunis ce samedi 1er aout 2020 pour un club de presse dont l’objectif, selon les initiateurs, est de mener des échanges sur un thème d’actualité. Pour ce premier numéro, le thème retenu a été Organisation couplées des élections 2020 : Etat des lieux de l’enrôlement. Et pour en discuter, le club a invité le premier responsable de la structure en charge des élections, Newton Ahmed B arry qui a eu des échanges francs et directs avec les journalistes sur le processus électoral.

Le président de le président de la CENI Newton Ahmed Barry ici en rouge a déclaré qu’en dépit du contexte d’insécurité son institution a tenu enrôler les personnes les plus reculées du pays.


Le Centre national de presse Norbert Zongo (CNPNZ) a servi de cadre pour ce premier numéro du club de presse qui a reçu comme invité principal le président de la Commission électorale nationale indépendante. En effet, le Burkina Faso organise des élections présidentielles et législatives couplées en novembre 2020. A cet effet, la CENI s’active à tenir le pari dans un contexte sécuritaire et sanitaire très préoccupante. Ce premier numéro du club de presse a permis au président de la CENI au vu du thème de faire un rappel historique du processus électoral au Burkina Faso. En effet pour M. Barry, depuis la première constitution du pays en 1990, il a fallu batailler fortement pour l’élaboration d’un processus électoral fiable et la presse et la société civile y ont joué un rôle très important. La liberté de presse est gage de démocratie pérenne selon l’orateur du jour. La commission électorale indépendante du Burkina compte 15 membres issus de la société civile, de la majorité et de l’opposition et pour garder son indépendance la veille doit être de mise et ne pas fléchir car les pouvoirs publics cherchent à grignoter l’indépendance de la commission. Elu en 2016, la commission actuelle a un double mandat de 5 ans avec pour objectif l’organisation du cycle électoral.

Les journalistes n’ont pas marchandé leur participation à ce premier numéro du club de presse.


2 300 000 Burkinabé nouvellement inscrits
Pour revenir sur le processus électoral en cours, un décret a été pris le 25 juillet 2019 pour réviser le fichier électoral. Cette révision du fichier a débuté en janvier 2020 avec l’enrôlement des Burkinabés de l’étranger qui participeront pour la première fois au vote, avant de se poursuivre au niveau national en février. Initialement prévu pour s’achever le 31 mars 2020, c’est le 17 juillet que l’enrôlement a pris fin et pour raison de la pandémie du Covid-19. Selon le président de la CENI, la phase d’enrôlement a permis d’obtenir 2 300 000 électeurs nouvellement inscrits sur la liste électorale. La tranche des 18-35 ans représentant 52% des enrôlés avec 42% de femmes. Les deux grandes villes à savoir Ouagadougou et Bobo Dioulasso représente 40% des personnes qui se sont enrôlées. « Toute l’élection se joue autour du fichier électoral et ce nouveau fichier viendra s’jouter au 5 millions de la précédente fiche d’élection. Toutes les régions ; provinces ont été touchées pour l’enrôlement, 94% des 368 communes que compte le Burkina et 83% des 9000 villages » a déclaré Newton Ahmed Barry. Toujours selon lui, les habitants des villes de Djibo et Arbinda considérées comme des villes abandonnées du fait du terrorisme se sont mobilisés pour se faire enfler ainsi qu’une partie de la région de l’Est minée par l’insécurité. Cependant le président a évoqué quelques doutes sur le vote de la diaspora pour certaines régions du monde qui selon lui, risque d’être compromise du fait de la Cvod-19. A l’étranger, M. Barry a indiqué que l’enrôlement a permis d’inscrire 23.000 Burkinabé de la diaspora à travers le monde. Newton Ahmed Barry a également évoqué un sujet qui alimente les débats celui de l’audit du fichier électorale. A ses dires le PNUD et l’OIF ont été approchés pour auditer le fichier mais a-t-il rassuré, ‘’nul ne figure plus d’une fois sur le fichier électoral’’ et le toilettage du fichier en cours pourra en effet faire ressortir un fichier exempt de tout doublon. Il faut dire que cette rencontre a connu la présence de Alidou Ouédraogo, président de la CODEL, un organe de veille des élections.
St Pierre