La Somalilande vote lors d’élections attendues depuis longtemps

Le Somaliland s’est détaché de la Somalie en 1991 mais aucun pays n’a reconnu la région.

Plus d’un million d’électeurs étaient appelés aux urnes lundi dans la république autoproclamée du Somaliland pour des élections législatives et locales. A travers ce  scrutin , les autorités entendent démontrer leur capacité à organiser des  élections démocratiques et pacifiques.

Plus d’un million des quatre millions d’habitants du Somaliland sont inscrits pour voter aux élections qui ont été retardées, les élections législatives se déroulant avec plus d’une décennie de retard tandis que les élections municipales ont quatre ans de retard. Le président Muse Bihi Abdi et les dirigeants des deux partis d’opposition, qui ont voté dans la capitale Hargeisa, ont appelé à un bon déroulement du vote. « Le Somaliland vote pour la paix. C’est un honneur pour notre peuple (et) la Corne de l’Afrique dans son ensemble », a déclaré M. Muse sur son compte Twitter.Les électeurs à partir de 15 ans -âge légal pour voter dans le pays  doivent choisir parmi près de 250 candidats pour pourvoir les 82 sièges parlementaires, et parmi environ 1.000 candidats pour les 249 postes de conseillers locaux.Ces deux élections se tiennent avec des années de retard. Le dernier scrutin législatif remonte à 2005.

Plus d’un million de personnes s’inscrivent pour voter aux élections législatives et locales dans la région séparatiste de la Somalie

Ce vote constitue « un moment important pour la démocratie au Somaliland », a déclaré une équipe de surveillance indépendante financée par le Royaume-Uni. La commission électorale nationale a reconnu que les retards dans les scrutins étaient récurrents au Somaliland, tout en soulignant que tous « se sont déroulés de manière pacifique et inclusive, un cas très rare dans cette région instable de la Corne de l’Afrique ». Les élections sans heurt et au suffrage universel au Somaliland contrastent fortement avec la Somalie et son gouvernement fragile, qui n’a pas organisé de scrutin selon le principe d' »une personne, une voix » en 50 ans. Après des mois d’impasse qui ont débouché sur des violences meurtrières, le gouvernement de Mogadiscio et les dirigeants des cinq États semi-autonomes de la Somalie se sont entendus fin mai pour tenir dans les 60 jours des élections, initialement prévues au plus tard en février.

K.Fiakofi