
Le 11 juin 2021, le président du Faso, Roch Kaboré, recevait successivement à son palais, le chef de la diplomatie française Jean Yves Le Drian et Mahamat Saleh Annadif, représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies en Afrique de l’ouest. Les deux émissaires ont, à leurs sorties d’audience, livré la substance de leurs échanges aux Hommes de médias. La question de l’insécurité semble avoir été le principal sujet des différentes entrevues.
Le ministre français des affaires étrangères, Jean Yves Le Drian fut le premier à être reçu. Face aux journalistes, ce dernier dit avoir transité par Ouaga, spécialement pour présenter ses condoléances et celles de son pays à l’endroit suite au <<carnage de Solhan>> du 4 juin dernier. Le chef de la diplomatie française dit avoir donné l’assurance au président burkinabè, de la <<volonté de son pays à toujours agir avec le Burkina Faso pour lutter contre ce poison qu’est le terrorisme>>. Récemment, le président français Emmanuel Macron, avait appelé les « Etats du Sahel à s’assumer » dans la lutte contre le terrorisme. Répondant à un journaliste, qui l’invitait à clarifier ces propos du président Macron, Le Drian trouve qu’il n’y a rien d’ambigüe. <<Il n’y a pas de nouveauté dans les quatre axes essentielles de notre action commune à l’égard du Sahel>>, a laissé entendre l’émissaire français. Selon lui, du sommet de Pau en janvier 2020 jusqu’à celui de N’Djamena en février 2021 les priorités ont toujours été les mêmes. Parlant de priorités, celles-ci se reposent sur quatre axes, martèle le chef de la diplomatie française. Et à l’entendre, il s’agit de la poursuite de la lutte contre le terrorisme, le renforcement de la puissance de frappe du G5 Sahel, le sursaut civique et politique qui doit permettre aux Etats de reconquérir leurs territoires et enfin la poursuite du développement. Suite à l’attaque de Solhan, un journaliste du média français Europe 1, avait eu à tenir des propos jugés discourtois envers l’armée et le président burkinabè. À ce sujet, Le Drian déclare ne pas pouvoir s’y mêler au regard de la responsabilité de ton qui incombe aux journalistes. Il a aussi tenu à démentir des rumeurs faisant étant d’une implantation prochaine de base militaire française au Faso. Par ailleurs, concernant la volonté d’Emmanuel Macron de suspendre les opérations militaires françaises au Mali, l’émissaire français soutient que cette situation s’imposait. <<Nous savons depuis longtemps qu’il faut changer le dispositif de Barkhane. Il faut s’adapter aux situations (…). Nous voulons changer ce dispositif dans deux directions à savoir le renforcement de la coopération ou soutien auprès des armées africaines présentes sur le terrain et le renforcement du contre terrorisme sous toutes ses formes>>a conclu Le Drian.

À la suite du ministre français, c’était au tour du représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies en Afrique de l’ouest, Mahamat Saleh Annadif, d’être reçu par le président Kaboré. A sa sortie d’audience, le successeur de Mohamad Ibn Chambas, s’est lui aussi confié à la presse. Il dit être venu présenter les condoléances de l’organisation au peuple burkinabè, lui témoigner de leur solidarité et de leur compassion. Il a en outre loué la résilience avec laquelle les populations burkinabè font montre depuis l’avènement de ce phénomène.
Abdoul Karim TAPSOBA

















