En lieu et place du conseil des ministres du mercredi 30 juin 2021, les Burkinabè ont eu droit à un remaniement ministériel sans surprise. Le ministre en charge de la Défense et celui de la Sécurité ont été remplacés, comme l’a demandé l’opposition politique qui a suspendu sa participation au dialogue politique.

Le Président du Faso est désormais ministre en charge de la Défense, cumulativement à ses fonctions de Chef de l’Etat, selon le décret n° 627 du 30 juin 2021 signé du président du Faso lui-même. Par décret n°628 de la même date, le président du Faso remanie un peu le gouvernement et nomme comme ministre délégué chargé de la Défense nationale et des anciens combattants, le Colonel major Aimé Barthélémy Simporé qui assistera donc le président du Faso dans ses occupations de ministre de la Défense. Exit donc Chériff Sy qui occupait la fonction de ministre en charge de la Défense nationale, critiqué par les Burkinabè dans leurs diverses composantes pour insuffisance de résultats face aux attaques terroristes qui se sont intensifiées, notamment avec la tragédie de Solhan dans le Nord-Est en début juin, suivie des tueries de policiers le 21 juin dernier. Ousséni Compaoré aussi quitte le gouvernement, lui qui assurait la fonction de ministre de la Sécurité, critiqué lui aussi pour ses contre-performances à la tête du département ministériel face au terrorisme et à l’insécurité qui se sont aggravés pour le pays. A noter que le ministre délégué chargé des Burkinabè de l’Extérieur et de l’Intégration africaine, Maxime Koné, quitte ce poste pour devenir un ministre de plein exercice, chargé de la Sécurité. Il est remplacé par une femme, Clarisse Ouoba qui devient ministre déléguée chargée des Burkinabè de l’Extérieur et de l’intégration africaine. La récente adresse du Chef de l’Etat à la nation qui a annoncé des mesures fortes a donc accouché d’un léger remaniement ministériel avec deux nouveaux ministres délégués, un ancien ministre qui change de poste et le chef de l’Etat qui assume la fonction de ministre de la Défense. L’opposition politique qui a suspendu sa participation au dialogue politique et qui projette organiser avec certains acteurs de la Société civile une marche-meeting les 4 et 5 juillet prochain va-t-elle maintenir sa marche ou y renoncera-t-elle? Les jours à venir nous situeront.
Lonsani SANOGO

















