Le chapeau de Saponé, un élément culturel labellisé

Le célèbre chapeau de Saponé a une origine qui remonte au XIVème siècle

Le village de Saponé est situé à quelques dizaines de  kilomètres au sud de la Ouagadougou et a construit sa réputation sur un élément de sa culture, le chapeau communément appelé “chapeau de Saponé”. Une renommée dont le mythique chapeau porte la marque avec le nom du village. Focus sur un symbole culturel qui fait aujourd’hui la fierté de tout un pays.

D’après nos confrères de Burkinatourisme, dans une publication du 17 novembre 2019, l’historique de ce chapeau remonte à plusieurs siècles. En effet, cette source indique qu’à la mort de Naaba Koudoumié (8 ème empereur des Mossis, l’ethnie majoritaire du Burkina) vers 1358, son fils, devenu par la suite Naaba Kouda, n’était pas auprès de son père pour lui succéder au trône. Le fils, paraît-il, était en mission de conquêtes et d’invasions. Pourtant, poursuit notre source, selon la coutume toute intronisation doit préalablement être précédée d’un “rasage obligatoire de la tête du futur roi”. N’étant pas sur place pour sacrifier à la tradition, ordre fut donné de trouver le successeur afin de procéder à ce rasage. Après de longues recherches, le fils du défunt roi fut retrouvé à l’emplacement de l’actuel “Saponé marché”. Le chef du bataillon de recherche lança ceci: « sâ-n-poné » qui signifie en langue mooré “rasez lui la tête”, d’où la dénomination actuelle de cette localité, Saponé. Pour l’anecdote, avec le fameux chapeau, d’autres sources précisent qu’après s’être fait rasé, le désormais Naaba Kouda prit un tas de pailles ou de feuilles sèches pour se protéger contre les rayons du soleil qui, semble-t-il, lui brûlaient la tête. Et c’est vraisemblablement ce symbole de protection de la tête qui a donné naissance par la suite à ce chapeau, devenu célèbre.

 Le chapeau de Saponé, un label

Naaba Kouda s’y est installé et a fondé la localité de Saponé. De nos jours, la renommée de ce chapeau va au-delà des frontières du pays des Hommes intègres. Et, c’est sans doute, pour parer à une éventuelle concurrence déloyale, que les autorités burkinabè en charge de la Culture et du Commerce ont procédé, le 4 juillet 2020, à la labellisation de ce chapeau dit de Saponé.

Abdoul Karim TAPSOBA