L’Afrique qui ne représente que 2% des plus de 5,7 milliards de doses de vaccins contre le nouveau coronavirus administrées à travers le monde, est « laissée pour compte par le reste du monde », a estimé, mardi, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus. Celui-ci met en garde contre les inégalités vaccinales, selon Xinhua.
L’Organisation mondiale de la santé ambitionne en 2021 de faire vacciner au moins 40% de la population de chaque pays et 70% d’ici le milieu de l’année prochaine. Le hic, c’est que seuls 2 pays en Afrique ont atteint l’objectif de 40%, soit le niveau le plus bas de toutes les régions, a indiqué le chef de l’ONU lors d’un point de presse en ligne, indique Xinhua. « Ce n’est pas parce que les pays africains n’ont pas la capacité ou l’expérience de déployer les vaccins contre la COVID-19, c’est parce qu’ils ont été laissés pour compte par le reste du monde« , a dénoncé Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Afin de garantir l’accès juste et équitable aux vaccins contre la COVID-19, l’OMS et ses partenaires ont mis en place, l’année dernière, une initiative mondiale dénommée COVAX. A ce jour, le mécanisme a livré plus de 260 millions de doses de vaccins à 141 pays dans le monde.
Respect des engagements de partage des doses vaccinales
Si le mécanisme COVAX a bien fonctionné jusque-là, il a également dû faire face à plusieurs défis qui, selon l’OMS, ont été entraînés par le fait que les fabricants ont accordé la priorité aux accords bilatéraux et que de nombreux pays à revenu élevé ont contrôlé l’approvisionnement mondial en vaccins, nous indique Xinhua. Selon John Nkengasong, directeur du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique), qui a également assisté au point de presse, moins de 3,5% des Africains ont été vaccinés contre la COVID-19, ce qui est loin de l’objectif officiel de 60%. « Plus l’inégalité vaccinale persiste, plus le virus continuera à circuler et à muter, plus les perturbations sociales et économiques persisteront, et plus les chances d’apparition de davantage de variants qui rendent les vaccins moins efficaces seront grandes« , a-t-il averti.
L’OMS, l’Union africaine ont d’ailleurs exhorté les pays à respecter leurs engagements en matière de partage de doses et à faciliter le partage des technologies de vaccins et de la propriété intellectuelle.
Source : Xinhua
Pierre Oued.

















