Le 25 octobre dernier, le gouvernement malien, par voie de presse informait de l’expulsion du représentant de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) de son territoire. Cette décision contre Hamidou Boly s’est imposée, au regard «des agissements incompatibles avec son statut», selon les autorités maliennes. L’acte de Bamako n’a vraisemblablement pas été du goût du pays d’origine de l’émissaire, le Burkina Faso, et de l’organisme sous-régional la CEDEAO, qui ont réagi de vive voix.
C’est d’abord Ouagadougou, qui au lendemain de cette mesure du voisin malien, a, par la voix de son chef de la diplomatie, Alpha Barry, tenu à réagir. Ce dernier s’est prononcé au détour d’une conférence de presse largement relayée. «Nous avons été informés par les autorités maliennes de la décision de déclarer persona non grata, le représentant de la CEDEAO, dans ce pays. Vous le savez tous, M. Boly est un citoyen de la CEDEAO, mais avant tout, citoyen du Burkina Faso» a-t-il déclaré d’entrée de jeu, avant d’ajouter : « je pense que c’est pour cela que le ministre malien a cru bon de m’appeler et de me faire part de la décision de son gouvernement». Sans vouloir remettre en cause la souveraineté du Mali, Alpha Barry estime que cette situation pouvait être gérée autrement. «C’est son droit, c’est sa souveraineté. Mais n’empêche que nous puissions donner notre appréciation. Et notre appréciation, c’est que nous désapprouvons cette façon de faire avec un citoyen d’un pays voisin, un pays qui n’a jamais développé un acte d’hostilité contre le Mali» a-t-il soutenu. Pour lui, le Burkina Faso et le Mali ont des défis communs, par conséquent «cette façon de faire n’était pas courtoise». Embouchant la même trompette, la CEDEAO a donné de la voix, le 28 octobre 2021. «Cette décision, extrême, intervient dans une période importante et délicate caractérisée par l’accompagnement de la transition politique au Mali par la CEDEAO et les autres partenaires, dans un contexte sécuritaire difficile», a constaté l’organisme sous-régional. De son avis, le processus de remplacement de Hamidou Boly était déjà en marche bien avant la décision d’expulsion des autorités maliennes. La CEDEAO se dit cependant engagée «à déployer ses efforts pour appuyer une transition réussie et apaisée au Mali».
Abdoul Karim TAPSOBA (Stagiaire)

















