Le 27 août 2021, trois agents du Centre de Contrôle Véhicules et Automobiles (CCVA) ont perdu la vie lors d’un lynchage, en représailles à leur implication supposée dans un accident, qui a mortellement fauché un enfant. Ces faits se sont déroulés à Banlo, à quelques encablures de Bouroum-Bouroum, une localité située dans la région du Sud-ouest du Burkina. Ce drame post-accident a suscité une onde de choc et une vague d’indignation à travers tout le pays.
«C’est avec consternation et désolation que le CCVA a appris la disparition de trois de ses agents qui revenaient d’une mission à Gaoua, le vendredi 27 août 2021, autour de Bouroum-Bouroum», a-t-on appris par le biais d’un communiqué du Centre, publié le 28 août. Et sur les mobiles de ce drame, le communiqué précise que «ces agents dont le véhicule a percuté mortellement un enfant, ont subi la furie des populations qui les auraient battu à mort, sans autre forme de procès». Pour le procureur du Faso près le tribunal de grande instance de Gaoua, qui abonde dans le même sens que la précédente source, «OUEDRAOGO Harouna, NABA Yentema Edmond et NARE Jacques, tous agents CCVA de Gaoua, étaient en partance pour Ouagadougou, après une cérémonie de passation de service et auraient mortellement percuté KAMBOU Sami Ambroise, un enfant âgé d’environ dix (10) ans».
2 suspects aux mains de la justice
A en croire cette source judiciaire, les corps des trois agents, après moults recherches ont été enfin retrouvés dans un champ de maïs à un kilomètre du lieu du drame. Contrairement aux rumeurs qui faisaient état de l’arrestation d’une dizaine de personnes, le communiqué du procureur indique que «d’ores et déjà, l’enquête a permis d’identifier et d’interpeller deux (02) personnes soupçonnées d’avoir participé aux actes de lynchage». Dès l’annonce de cette nouvelle, les réactions et les condamnations ont fusé de partout.
Le président Roch Kaboré condamne cet «acte barbare»
Le président du Faso, Roch Kaboré, après avoir regretté le décès accidentel de l’enfant, a «condamné énergiquement l’assassinat barbare des trois agents». Le chef de l’Etat, qui s’exprimait sur son compte Facebook, a aussi tenu à interpeller la justice pour plus de fermeté. «Ces meurtres d’une autre époque ne sauraient être tolérés dans un État de droit», a-t-il conclu. Bon nombre de citoyens, à l’image du président, se sont également indignés et ont souhaité toute la rigueur dans le traitement judiciaire de cette affaire, afin de servir d’exemple. Parmi les trois agents, un a déjà été porté sous terre le 29 août sur place à Gaoua, les deux autres ont été inhumés le 30 août 2021 à Ouagadougou. C’est le lieu d’appeler les uns au respect du code de la route mais surtout les populations à éviter tout acte de justice privée, en cas de survenance d’un accident malheureux en circulation.
Abdoul Karim TAPSOBA (Stagiaire)



















