Algérie : La santé du président Bouteflika, ne plaide pas pour un 5e mandat


Le président algérien Abdelaziz Bouteflika s’est rendu ce lundi 27 août 2018, en Suisse pour un examen médical. Si des politiciens sont prêts pour un cinquième mandat sous Bouteflika au pouvoir depuis 1999, l’état de santé réel d’Abdelaziz Bouteflika, fortement diminué, suscite une interrogation sur une probable candidature.  Entendant, cette santé ne plaide pas pour un 5e mandat selon certains algériens.

Le président Bouteflika a une santé fragile depuis qu’il a été victime d’un accident vasculaire cérébral en 2013.  Le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, a atterri le lundi 27 août 2018, à Genève, en suisse. Il est allé pour effectuer des contrôles médicaux périodiques, a indiqué la présidence à Alger. Agé de 81 ans, Abdelaziz Bouteflika est fortement diminué par les séquelles de l’accident vasculaire cérébral qu’il a subi en 2013. Il avait été opéré à Paris et depuis lors, il se déplace  en fauteuil roulant et il ne s’exprime plus en public. Selon les médias algériens, il aurait été admis à la clinique privée de Genolier, sur les hauteurs de Nyon, où il s’était déjà rendu il y a deux ans. Ces dernières années, il a aussi séjourné dans une clinique de Grenoble.   « Abdelaziz Bouteflika connaît bien et apprécie la Suisse pour y avoir séjourné durant sa longue traversée du désert entre les années 1980 et 1990 », rappelle Hasni Abidi, directeur du Cermam, le Centre d’études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen. C’est en Suisse que les généraux algériens sont venus le chercher en 1999 pour présider l’Algérie au sortir de la décennie noire.  En 1992, l’armée avait interrompu le processus électoral après la victoire des islamistes, plongeant le pays dans la guerre civile. Ainsi, le témoignage du lien entre la Suisse et l’Algérie, a acquis en 2008 une somptueuse propriété à Genève, qui passait pour être la résidence officieuse du président Bouteflika, avant qu’il ne soit frappé par un AVC.  A noter que les Algériens sont reconnaissants au président Bouteflika d’avoir mené la réconciliation. Mais ce dernier n’est plus que l’ombre de lui-même. Après son AVC, son entourage avait réussi en 2014 le tour de force de le faire réélire haut la main sans organiser le moindre meeting électoral. La tentation, est alors forte de refaire la manœuvre. Car le dépôt des candidatures est fixé au début de l’année prochaine, trois mois avant la présidentielle d’avril 2019.  Le séjour suisse, du président intervient alors que l’Algérie se débat avec une épidémie de choléra. Cette maladie frappe habituellement les pays les plus pauvres de la planète, mais les hôpitaux algériens ont bien de la peine à y faire face. Si les différents pôles du pouvoir algérien parviennent à un consensus sur un cinquième mandat, le maintien d’Abdelaziz Bouteflika, même très diminué, peut garantir la préservation des équilibres entre sa famille et ses conseillers, l’armée ainsi que les milieux d’affaires. En cas d’empêchement soudain pour briguer un cinquième mandat, seule l’armée paraît en mesure d’arbitrer et de gérer la succession et la transition, explique Hasni Abidi. « Le président est incapable d’assumer le pouvoir et la preuve, il ne s’est plus adressé à son peuple depuis des années », a fait savoir Amine Arib. Pourtant, malgré la situation économique et sociale explosive, dont 30% des jeunes sont au chômage, la rue algérienne demeure étonnamment calme et l’opposition peu audible.  Le pouvoir agite sans cesse les exemples de la Libye voisine ou de la Syrie, et les Algériens demeurent traumatisés par la décennie de guerre civile, avance Hasni Abidi. « Nous avons été marqués par la violence terrible des années 1990 », accorde Amine Arib. « Nous visons un changement pacifique » a-til précisé. Et de poursuivre qu’il va forcément arriver. La population algérienne est très jeune, de ce fait, elle voit l’arrivée de la nouvelle génération au pouvoir, comme en France. En attendant, ce nouveau séjour médical à l’étranger ne plaide pas pour un cinquième mandat du président Bouteflika.

Par Wakiyatou KOBRE