
Si la plupart des Algériens ont décidé de snober les élections législatives, les résultats des urnes qui se font toujours attendre ont vu néanmoins un parti s’autoproclamer vainqueur. En effet, le principal parti islamiste en lice, le Mouvement de la Société pour la Paix (MSP), a revendiqué dimanche sa victoire.
L’Algérie a connu ce samedi une élection largement boycottée dans son ensemble surtout par le mouvement de protestation de longue date Hirak, ce qui a conduit à une abstention généralisée. Selon News24, le taux de participation n’était que de 30,2%, a annoncé le chef de la commission électorale Mohamed Chorfi après le vote de samedi – le plus bas d’un scrutin législatif depuis au moins 20 ans. Cependant, un parti tente de tirer son épingle du jeu en se proclamant vainqueur de cette élection. Il s’agit du MSP, un parti islamiste. « Le MSP affirme arriver en tête dans la majorité des wilayas (préfectures) et à l’étranger », selon un communiqué diffusé par ce parti conservateur, considéré comme modéré, et qui « met en garde contre les nombreuses tentatives de modifier les résultats du scrutin comme cela se faisait avant ». Avant d’ajouter « Nous appelons le président de la République (Abdelmadjid Tebboune) à faire respecter la volonté populaire », insiste ce parti, principale formation de l’opposition parlementaire, qui avait décidé de participer au scrutin pour « contribuer au changement souhaité », nous fait savoir l’AFP.
Déclarations « infondées » du MSP
Mais aucun résultat, même provisoire, n’a encore été annoncé par l’Autorité nationale indépendante des élections. Une déclaration de son président Mohamed Chorfi était prévue ce dimanche mais elle a été repoussée. En raison du dépouillement « compliqué », il avait fait savoir samedi que les résultats officiels pourraient ne pas être annoncés avant plusieurs jours. Dans un communiqué, cité dimanche soir par plusieurs médias, l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) a réfuté les déclarations « infondées » du MSP, sans nommer le parti islamiste. Cependant, si elle se confirme, la victoire des islamistes n’est pas une surprise à proprement parler. Certains analystes prédisaient une majorité relative pour les partis de la mouvance islamiste. Avant les élections, le Hirak, qui réclame en vain un changement radical du « système » de gouvernance en place depuis l’indépendance en 1962, avait dénoncé une « mascarade électorale ». L’opposition laïque et de gauche a boycotté le scrutin.
Pierre Oued.




















