Antony Blinken presse l’Éthiopie sur la “ catastrophe humanitaire ” au Tigray

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a exhorté  lundi 26 avril 2021 l’Éthiopie à faire face à ce qu’il a appelé une «catastrophe» humanitaire imminente au Tigray, y compris les craintes croissantes de famine.

Blinken s’inquiète du “désastre humanitaire” au Tigré dans un entretien avec le Premier ministre éthiopien

Lors d’un appel téléphonique avec le Premier ministre Abiy Ahmed, Blinken a exprimé “sa profonde inquiétude face à la détérioration de la crise humanitaire et des droits de l’homme dans le pays”, a indiqué un communiqué du département d’Etat.Blinken a fait pression pour que les troupes de l’Érythrée voisine qui a reconnu pour la première fois une présence au Tigré plus tôt ce mois-ci et promis un retrait – se retirent «immédiatement, intégralement et de manière vérifiable».Les forces du Tigré en Érythrée ainsi que dans la région éthiopienne d’Amhara “contribuent à la catastrophe humanitaire croissante et commettent des violations des droits de l’homme”, indique le communiqué.

La région de Tigré comptait 1,7 million de déplacés fin mars, et certains sont déjà morts de faim.

Blinken a déclaré à l’AFP que Jeffrey Feltman, un diplomate chevronné ayant reçu un nouveau rôle d’envoyé spécial américain pour la Corne de l’Afrique, se rendrait bientôt en Éthiopie pour faire valoir ses arguments. Abiy Ahmed lauréat du prix Nobel de la paix, a lancé une offensive dans la région du Tigray en novembre après avoir accusé le parti local au pouvoir depuis longtemps d’attaquer l’armée. Les États-Unis sont un allié de longue date de l’Éthiopie, mais ils sont de plus en plus exaspérés, à entendre le secrétaire d’Etat. Les Nations Unies ont déclaré que 1,7 million de personnes au Tigray avaient été déplacées à la fin du mois de mars et que certaines avaient commencé à mourir de faim.La semaine dernière, le Conseil de sécurité de l’ONU est parvenu à un consensus pour publier sa première déclaration sur la crise, exprimant sa «profonde préoccupation» au sujet des violations des droits. La région du Tigré en Ethiopie est une zone d’accès difficile. En novembre, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed avait annoncé l’envoi de l’armée fédérale dans cette région  pour arrêter et désarmer les dirigeants du TPLF (Front de libération du peuple du Tigré), dont les forces sont accusées par Addis-Abeba d’avoir mené des attaques contre des camps militaires des forces fédérales.

 Malgré le fait qu’un accord ait été signé entre le gouvernement d’Addis-Abeba et les Nations unies, la situation humanitaire dans le Tigré reste toujours inquiétante.

K.Fiakofi