Le 14 novembre 2021, un détachement de la gendarmerie basé à Inata dans la province du Soum, région du Sahel, a été la cible d’une attaque terroriste qui a coûté la vie à 28 gendarmes et 04 civils. Au lendemain de cette incursion meurtrière, les réactions ont fusé de partout, tant sur le plan national qu’international.
Tout d’abord, c’est le Front patriotique du Renouveau (FPR), formation politique d’opposition dirigée par Aristide Ouédraogo qui s’est exprimé très tôt dans la matinée du 15 novembre 2021. «De 2015 à nos jours (novembre 2021, ndlr), nous dénombrons environ 500 militaires burkinabè tués, bien plus du côté civil et près de 2 millions de déplacés», a constaté ce jeune parti pour lequel «l’heure est grave». Pour les responsables de ce parti, la situation actuelle du pays des Hommes intègres trouve sa source dans les mauvaises décisions et pratiques du régime en place. L’opposition dans son ensemble avait, au cours de la semaine passée, lancé un ultimatum de trente jours au président du Faso Roch Kaboré pour trouver solutions à l’insécurité, faute de quoi un appel à sa démission sera lancé. Pour l’UPR, cette attitude de l’opposition n’est rien d’autre qu’une manière d’accorder un blanc seing au pouvoir en place. Comme solution à cette impasse sécuritaire, Aristide Ouédraogo et ses camarades prônent le changement au haut sommet de l’Etat. «Avec tout le respect à son égard en tant qu’aîné et devancier, le président du Faso doit démissionner pour le bien de son pays et de notre pays à tous», ont-ils insisté. L’Alliance de la Démocratie et la Fédération/Rassemblement Démocratique Africain (ADF/RDA) de Me Gilbert Noël Ouédraogo, un autre parti d’opposition, a embouché la même trompette que Dr Aristide Ouédraogo. «La situation est dramatique et nous ne pouvons plus nous contenter des discours lénifiants. Nous avons besoin d’une seule chose: l’action», s’est alarmé l’ADF/RDA. Pour ce parti, des réponses urgentes sont attendues sur le terrain car les faits sont graves et la question, elle, sensible.
Bama demande au président Roch de «rendre le tablier»
Autre parti, autre son de cloche. Le parti au pouvoir, le Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP), a, pour sa part, apporté son soutien traditionnel au gouvernement, invitant du même coup le peuple burkinabè à l’union «face à ces attaques dont l’une des finalités est la détérioration du climat socio-politique». Pour le parti du soleil levant, «il est impératif de s’affranchir du piège des divergences politiques et idéologiques pour mieux défendre la mère patrie». Dans la mi-journée du 15 novembre, le principal concerné, le chef de l’Etat burkinabè s’est exprimé via son compte Twitter. Dans cette déclaration, Roch Kaboré appelle ses compatriotes à l’union et à la détermination face aux «forces du mal» qui écument le pays. «Nous ne laisserons pas saper les fondements de notre Nation», a-t-il écrit avant de présenter ses condoléances aux proches des victimes. Cependant, le célèbre journaliste d’investigation, Yacouba Ladji Bama, a, par le biais de son compte Facebook, tenu à conseiller son «ami» Kaboré: «Il est encore temps de sauver les apparences et rendre du même coup un grand service à ce peuple supplicié. Rends le tablier», a-t-il suggéré au président Kaboré. A l’international, c’est la France qui a réagi à travers son ministère des affaires étrangères selon lequel «la France condamne fermement l’attaque perpétrée le 14 novembre contre le détachement de gendarmerie d’Inata, dans la province du Soum, qui a causé la mort à plusieurs dizaines de gendarmes».
Abdoul Karim TAPSOBA

















