Burkina Faso : 10ème anniversaire de la Convention de Kampala dans un contexte de crise humanitaire

Il y a exactement 10 ans, les États membres de l’Union africaine étaient les premiers au monde à adopter un cadre juridiquement contraignant pour assister et protéger les personnes déplacées dans leur propre pays. Cette année, le Burkina Faso à l’instar des autres pays du Sahel a enregistré un nombre record de personnes forcées de fuir leur domicile à cause des violences. Pour faire face à la crise humanitaire il est important de mettre en œuvre les accords de cette convention, rappelle le CICR.
Le Burkina Faso a enregistré cette année une augmentation de 507% du nombre de personnes déplacées à l’intérieur du pays. À la mi-octobre, près d’un demi-million de personnes avaient été déplacées dans le pays, selon les données de l’ONU, ce qui représente une forte augmentation par rapport aux 80 000 recensées au début de l’année. « La situation humanitaire est loin de s’améliorer », d’après le ministre de la Femme, de la Solidarité nationale, de la Famille et de l’Action humanitaire, Hélène Marie Laurence Ilboudo. Toujours selon la ministre à la date du 2 octobre 2019, le nombre de déplacés internes était estimé à 486 360 personnes et pourrait atteindre 650 000 personnes d’ici à décembre 2019. « Les personnes déplacées font partie des personnes les plus vulnérables. Les familles vivent souvent dans des communautés hôtes, où les ressources sont parfois rares. Ils peuvent être invisibles dans ces environnements et difficiles d’accès pour les organisations humanitaires », a déclaré Patrick Youssef, directeur régional adjoint du CICR pour l’Afrique. Le Burkina Faso est pourtant signataire de la convention de Kampala à l’image de ses pairs africains, un mécanisme devant permettre une gestion efficace des cas de déplacés en période de crise. La Convention de Kampala a été adoptée le 23 octobre 2009 et est entrée en vigueur en 2012. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) appelle les États à prendre des mesures plus concrètes pour améliorer le sort des personnes déplacées en Afrique en ratifiant et en mettant en œuvre la Convention de Kampala. D’après Patrick Youssef, directeur régional adjoint du CICR pour l’Afrique ‘’ malgré les progrès réalisés, il reste encore beaucoup à faire pour traduire les aspirations de la Convention de Kampala dans la réalité ». Pour rappel, à la date d’aujourd’hui, vingt-huit des 55 États membres de l’Union africaine ont ratifié le traité ; 40 l’ont signé.
S. Pierre Ouédraogo