Burkina Faso : An V de l’insurrection populaire, la situation sécuritaire du pays demeure problématique

Des enfants participant à un exercice de simulation d’attaque dans une école primaire à Dori, au Burkina Faso, le 26 juin 2019.

Les 30 et 31 octobre 2014, une insurrection populaire mettait fin aux 27 ans de pouvoir de Blaise Compaoré. Cinq ans après, la situation sécuritaire est devenue presque chaotique. Selon l’ONU et la Croix Rouge, Près de 300.000 personnes ont dû quitter leurs foyers pour vivre dans des centres d’accueil, et 500.000 autres ont été privées de soins en raison des attaques armées des groupes djihadistes.
Depuis janvier 2016, le Burkina Faso fait face à des attaques terroristes d’une grande ampleur dont les impacts aux plans humain, social, économique et du vivre ensemble sont incalculables. Le niveau de violence a atteint un seuil jamais égalé. « Le niveau de violence atteint et l’insécurité ont eu pour conséquence une crise humanitaire avec pour corollaire des milliers de déplacés internes, des écoles et des centres de santé fermés et des symboles de l’Etat détruits », avait déclaré le chef de l’Etat burkinabè Roch Kaboré, lors d’une réunion organisée par la Colombie, en marge de la 74 session de l’ONU tenue en septembre dernier.
L’insécurité gagne du terrain à partir des zones frontalières avec le Mali et le Niger, dans le nord et l’est du pays. Ces attaques djihadistes ont fait plus de 500 morts et des centaines de milliers de déplacés internes. Selon le ministre burkinabè en charge de la solidarité et de l’action humanitaire l’insécurité affecte à ce jour plus de 800 000 personnes. A la date du 2 octobre 2019, informe Hélène Marie Laurence Ilboudo, le nombre de déplacés internes était estimé à 486 360 personnes réparties dans toutes les treize régions du pays. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), le Burkina Faso est confronté à une urgence humanitaire en raison de l’insécurité croissante dans plusieurs régions du Sahel. Cette guerre dite asymétrique a aussi entrainé la fermeture de près de 2000 écoles et des centres de santé dans des zones à risque. “125 centres de santé” étaient “affectés par la violence armée” en août (60 ont fermé leurs portes et 65 ne sont plus que partiellement opérationnels), contre “10 au début de l’année”, a indiqué pour sa part le Comité internationale de la Croix rouge.
K.Fiakofi