Burkina Faso / Crise au CDP : La chute d’un grand baobab ?

Le président actuel du CDP, Eddie Komboïgo

La crise semble être bien profonde au sein du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP). L’ex parti au pouvoir est aujourd’hui divisé en deux camps, et ce à cause du choix de la personne qui représentera le parti à la Présidentielle de 2020. Si Eddie Komboïgo, président actuel du parti, ne s’est toujours pas prononcé sur sa candidature à la présidentielle, ce n’est pas le cas de Kadré Désiré Ouédraogo qui s’est déjà porté candidat. Et c’est justement là que débute tous les problèmes qui secouent actuellement le parti.

Kadré Désiré Ouédraogo


C’est un secret de polichinelle. Le congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), l’ex parti au pouvoir, est en souffrance depuis quelques temps. D’un côté, Kadré Désiré Ouédraogo a annoncé sa candidature pour la Présidentielle de 2020 à Bobo-Dioulasso et de l’autre côté, c’est Mélégué Maurice Traoré qui annoncé que le choix du CDP se porte sur Eddie Komboïgo à Manga. La mèche allumée, les deux camps activent la flamme par des sorties médiatiques, des congrès et des déclarations. Chacun court pour faire rallier le plus de militants à sa cause. Ainsi, le CDP se dresse des obstacles dans sa marche vers les échéances de 2020. Ce qui nous était confié comme de simples incompréhensions a fini par se révéler être un énorme problème. Entre autres soucis, certains militants exigent la démission du Président du parti, la justice a annulé le congrès extraordinaire du parti, des militants perturbent la rencontre des secrétaires généraux du CDP.
Une situation qui arrange le camp adverse
L’union pour la conquête du pouvoir d’Etat, c’est ce qui doit guider les pas d’un vrai parti politique, mais au constat, c’est sans compter avec l’égocentrisme de certains, animés par le sans moi, rien ne se fera. Mais hélas, c’est ce qu’ils ont appris de ce parti, tout doit tourner autour d’un individu. Le « je gagne quoi », l’emporte toujours sur l’intérêt commun. C’est le syndrome des mégas partis avec un Président fondateur, et lorsqu’il n’est pas là, tout s’écroule. Avec cette balle que le CDP s’est tiré au pied, il est évident qu’il avancerait difficilement vers les échéances de 2020. Aux dernières nouvelles, le Président d’honneur tenterait de sauver les meubles, mais pour le faussé qui ne cesse cependant de s’agrandir, cela semble à présent relevé de l’utopie.
Et quand on sait que le CDP fait partie des grands baobabs au Burkina, avec cette crise, l’on se demande bien si l’idée de l’union des deux partis pour terrasser l’une serait toujours d’actualité. Comme pour dire, la crise au CDP ne fait pas l’affaire de l’UPC, et de toute l’opposition dans son ensemble. Et s’il y’a un parti qui peut bien en rire, c’est le MPP.
Dougoutigui