Burkina Faso : Insurrection populaire L’économie a aussi payé un lourd tribut

l’Assemblée Nationale a été réduite en cendres

L’insurrection populaire du Burkina Faso, marquée par les manifestations des 30 et 31 octobre 2014 qui ont occasionné le départ de l’ancien président Blaise Compaoré a fait d’énormes dégâts matériels. Tous ces dégâts, allant du saccage des bâtiments publics et privés aux pillages orchestrés çà et là ont eu des impacts négatifs sur l’économie du pays. Retour sur les conséquences économiques des événements d’octobre 2014.
Le bilan économique de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 au Burkina Faso est assez conséquent. Les biens privés ainsi que des entreprises privées ont fait l’objet de vandalisme. En effet, les domiciles des dignitaires de l’ancien régime à Ouagadougou et dans les autres villes à l’intérieur du pays ont été saccagés. En plus de cela, plusieurs entreprises privées supposées appartenir à des caciques de l’ex-régime ont été touchées. Certains établissements bancaires, des infrastructures publiques dont les locaux de l’Assemblée nationale et de grands commerces ont été vandalisés. Le secteur hôtelier n’est pas en reste. Plusieurs établissements hôteliers ont subi la furie des manifestants. Ces différents dégâts ont eu d’énormes conséquences sur l’économie du Burkina Faso.
Bilan économique des dégâts de l’insurrection populaire sur l’économie
Quelques mois après ces évènements qui ont eu raison sur le régime de Blaise Compaoré, l’institut « Free Afrik » avait déclaré que les pertes financières au niveau des institutions bancaires s’élevaient à plusieurs centaines de millions. Environ 2 milliards de FCFA ont été emportés par les pillards, selon l’institut. S’agissants des pertes au niveau des complexes hôteliers, elles sont chiffrées à au moins 5 milliards de FCFA. Les biens publics et sociaux ont également été estimés à des milliards de FCFA. A en croire Free Akrik les dégâts de l’insurrection populaire aura entrainé une perte estimée entre 120 à 200 milliards de FCFA.
Conséquences socio-économique de l’insurrection populaire
Avec ce lourd bilan financier, les banques et les institutions financières ont connu des dégradations assez élevés. Les assurances ont connu des taux de sinistralité également élevé. Quant au secteur hôtelier, il met plus de temps à se redresser quand on sait que certains hôtels qui ont été touchés sont toujours en travaux de réhabilitations. En outre, le secteur touristique a supporté un coup dur marqué par une diminution de l’attraction touristique liée à l’insécurité dont le pays fait face. Pourtant ce secteur contribue beaucoup au Produit intérieur du pays.
On a assisté à une augmentation du taux du chômage du fait de la destruction de plusieurs entreprises qui étaient pourvoyeurs d’emplois. C’est l’exemple d’Azalaî hôtel indépendance dont le saccage avait mis de facto 140 agents au chômage, selon la direction de la Société burkinabè de promotion hôtelière. Cependant, au moment où le Burkina Faso se remettait petit à petit de l’insurrection populaire, il a été frappé en plein fouet par des attaques terroristes qui se sont intensifiées depuis 2016, touchant ainsi plusieurs régions du pays.
Line BAMBARA