Dabo Boukary, voici un nom dont la réputation ne souffre d’aucune ambiguïté au Burkina Faso et plus particulièrement dans le milieu estudiantin. Cela est en partie dû à un tragique destin qu’il a rencontré un certain 19 mai 1990. En effet ce jour-là, suite à un mouvement d’humeur des étudiants, Dabo Boukary étudiant en 7è année de médecine perdra la vie dans des conditions jusque-là peu élucidées. 30 ans après Comment évolue le dossier judiciairement parlant?

En 1990, l’université de Ouagadougou était en ébullition. Pour cause les mouvements d’humeurs pour plus de libertés se succédaient. La répression du régime en place à cette époque ne se fera pas attendre, pis elle laissera des traces indélébiles. Certains leaders de la contestation seront arrêtés puis violentés. D’autres passeront l’arme à gauche à la suite de cela. C’est le cas de Dabo Boukary, étudiant en 7è année de médecine, qui sera torturé à mort puis inhumé à l’insu de sa famille. Dans quelles conditions, ce jeune étudiant a- t-il fait la rencontre tragique avec la mort?
Selon nos confrères du Courrier Confidentiel, dans leur livraison de septembre 2020, le jeune Dabo «a été arrêté par le Lieutenant Gaspard Somé, le Sergent-chef Nassirou Amadou Maïga et le Sergent Magloire Yougbaré alors qu’il était au domicile de son camarade Aboubacar Coulibaly». De cette arrestation, s’ensuivra tortures, mort puis enterrement à la sauvette, à une centaine de kilomètres, à la sortie sud de Ouagadougou la capitale, nous confie toujours la même source. Qu’en est-il de l’état d’avancement du dossier au niveau de la justice?
Durant les 27 ans de règne du président déchu Blaise Compaoré, le dossier ne semblait pas bouger d’un iota. Mais avec le vent de liberté qu’a insufflé l’insurrection populaire de 2014, qui a entraîné le départ du pouvoir de l’ex président, le dossier semble avoir pris un coup de fouet au regard de la relative avancée qu’il connaît. Depuis lors, les langues se délient peu à peu et des noms ont pu être collés sur ce crime odieux. A en croire des médias locaux, le dossier est en pleine instruction. Trois militaires sont déjà cités dans cette affaire avec des degrés différents de participation. Ainsi, il y a le général Gilbert Diendéré, inculpé pour «recel de cadavre»; le lieutenant-colonel Mamadou Bamba suspecté d’être celui qui «dénonçait ses camarades en lutte» à cette époque et le sergent Magloire Yougbaré soupçonné d’être «celui qui a embarqué en voiture» Dabo vers sa destination de « non-retour ». Il faut retenir que les deux premiers inculpés purgent déjà des peines d’emprisonnement pour leur implication dans le « pronunciamiento » de septembre 2015 au Burkina Faso. Du point de vue de certains observateurs, l’ancien président Blaise Compaoré risque d’être inculpé à son tour si ce dossier venait à connaître une avancée majeure. Mais cela reste une autre paire de manches.
Abdoul Karim TAPSOBA

















