
Accusé d’être « au cœur d’un trafic à la croisée d’intérêts terroristes », le président du patronat burkinabé, Apollinaire Compaoré s’est défendu, mardi 23 mars, de ces « allégations mensongères et malveillantes ».
Apollinaire Compaoré (sans lien familial avec l’ex-président Blaise Compaoré) a été mis en cause mi-mars par le journal d’investigation L’Événement, selon lequel « les milliards de cigarettes que Apollinaire Compaoré achemine à travers le Burkina Faso financent les groupes armés et alimentent un conflit en ébullition qui tue des centaines de personnes chaque année ». A en croire cette enquête intitulée « Apollinaire Compaoré au cœur d’un trafic à la croisée d’intérêts terroristes », l’homme d’affaires burkinabè présenté comme un des hommes les « plus riches du Burkina Faso, a gagné des millions grâce à la contrebande des cigarettes Philip Morris à travers l’Afrique de l’Ouest ».

Apollinaire Compaoré réfute toutes ses accusations
Le président du patronat burkinabè a balayé du revers de la main toutes les accusations portées contre lui. « Ces allégations et accusations malveillantes sont aussi graves qu’infondées et inacceptables », a déclaré à la presse M. Compaoré. Il a affirmé que ses « sociétés n’ont jamais exercé et n’exerceront jamais des activités de contrebande, de même qu’elles n’ont jamais travaillé et ne travailleront jamais, directement ou indirectement, avec des groupes armés ou terroristes, et n’ont jamais financé une activité illicite », a rapporté le site Afrique.labibre.be.
Pourtant, Apollinaire Compaoré, en particulier la Société burkinabè d’exportation (Soburex), détentrice d’un entrepôt à Markoye (nord) dont il est le propriétaire est cité dans un autre article d’investigation, en rapport avec la contrebande de tabac, qui sert à alimenter les groupes terroristes. L’article en question a été publié par l’Organized Crime and Corruption Reporting Project, un réseau international de journalistes et de centres d’investigation. Il a été révélé que « le marché burkinabè est volontairement surapprovisionné par l’industrie du tabac », précisant que « les deux tiers sont en réalité destinés à la contrebande qui servira à alimenter les groupes terroristes ». Cette fois-ci, le président du patronat burkinabè a reconnu avoir détenu un entrepôt de cigarettes dans cette ville, mais « en toute légalité ». Cependant, il a affirmé que celui-ci était fermé depuis 2018 en raison des attaques djihadistes ciblant le Burkina Faso depuis 2015.
Cette affaire a suscité la polémique dans le milieu des affaires au Burkina Faso. Toutefois, certains patrons ont dit attendre des preuves avant de croire à ses allégations contre Apollinaire Compaoré, l’un des plus grands hommes d’affaires du Burkina Faso.
Line Rose

















