Dans un secteur à forte valeur ajoutée comme celui de la restauration, la bataille fait rage entre d’une part les grandes tables qui affichent des prix élevés et d’autre part, le secteur informel qui a toujours la préférence de la majorité de la population burkinabè.
Dans presque tous les quartiers de la capitale Ouagadougou, la restauration est très florissante car relève en grande partie du secteur informel. Loin de comparer cette restauration à celle des grands hôtels et restaurants de luxe, cette activité génératrice de revenus que l’on rencontre particulièrement dans les quartiers et les marchés offre un service non négligeable à la population au faible pouvoir d’achat. Sinon, il serait difficile de s’offrir un plat tous les jours dans les restaurants luxueux. La restauration dans les quartiers est une activité dans laquelle les femmes sont très actives et rapportent un revenu journalier qui peut parfois atteindre 40.000 FCFA, selon l’emplacement des points de vente. Le riz-gras, le riz sauce, le babenda (met local fait à base de feuille d’oseille et de farine de maïs) , le haricot, l’attiéké , le pois de terre , etc. constituent le menu de ces restaurants tenus par ces nombreuses femmes qui exercent le plus souvent dans la restauration pour assurer le bien-être de leurs familles.
Dans certains kiosques à café mais aussi dans les gargotes de la capitale et des villes de province, c’est la ruée vers les plats au coût accessible, aux heures de pointe. Au regard du pouvoir d’achat très faible de bon nombre de Burkinabè, on peut déduire que les prix pratiqués, généralement entre 100 et 300 FCFA sont le motif de cette attraction. A ce prix c’est sûr que la qualité reste à désirer. Oui peut-être, mais au « resto du peuple », l’objectif premier c’est d’abord et avant toute chose se remplir le ventre. Surtout après une journée de dur labeur passée à courir après la pitance quotidienne.
La gestion des revenus
La gestion des revenus reste le côté le plus délicat parce que le plus souvent, ces femmes arrivent difficilement à faire face à leurs besoins. La plupart de ces commerçantes ne se déclarent pas à la caisse nationale de sécurité sociale. Elles garantissent leurs revenus dans le placement informel appelé « tontine » avec tous les risques que cela peut encourir. Certaines femmes ne gagnent presque rien, investissent le peu d’argent pour les charges du lendemain, avec ou sans économie. Elles sont parfois obligées d’emprunter pour combler le manque. Comme solutions, les commerçants dans le secteur pensent qu’une formation pourrait apporter un plus dans leur mode de gestion quotidienne. Avec une formation adéquate pour ces « restaurants de rue », l’activité pourrait contribuer plus efficacement à l’émancipation professionnelle des femmes et partant à leur indépendance économique. Ce serait un pas dans la lutte contre la pauvreté tant voulue et clamée par toutes les structures de développement.
Source: burkinapmepmi, kaceto.net
Fatimata COMPAORÉ


















