
Le lundi 3 mai 2021, le centre-ville de Ouagadougou a été le théâtre d’échauffourées entre policiers et élèves. Pour cause, ces derniers, non contents des projets de réformes de leur ministère de tutelle ont voulu une fois de plus manifester leur désarroi en initiant une marche vers ce ministère. Mais ils seront stoppés à quelques encablures de leur destination par les forces de l’ordre entrainant ainsi des courses- poursuites suivies de jets de pierres et d’usage de gaz lacrymogène.
Les élèves de la ville de Ouagadougou étaient encore une fois de plus dans la rue ce lundi 3 mai 2021 pour manifester leur mécontentement contre les réformes scolaires en cours. Depuis quelques semaines maintenant, ces derniers sont vent debout contre la volonté de leur ministre Stanislas Ouaro de mettre en œuvre des réformes touchant à l’organisation des examens scolaires. Au titre de ces réformes, on note la volonté de faire du baccalauréat, qui était considéré comme le premier diplôme universitaire, un diplôme terminal du secondaire. Mais ce qui suscite grincement de dents chez les manifestants est le projet de suppression des sujets au choix dans les matières telles Sciences de la vie et de la Terre (SVT) et Histoire-Géographie (H.G) dans l’organisation des examens du Brevet d’Études Premier Cycle (BEPC). En termes clairs le Bac ne sera plus le premier diplôme de l’université et aussi au BEPC il n’y aura que des sujets uniques et imposés en SVT et H.G. Pourtant le regroupement des des associations scolaires ne l’entend pas de cette oreille et compte amener le gouvernement à revoir sa position à travers des manifestations parfois violentes.
Lorsque nous arrivions sur les lieux ce lundi, il faisait exactement 12h30. Mais des témoins nous ont fait savoir que les <<affrontements>> ont débuté très tôt dans la matinée. Il était difficile pour nous Hommes de média, d’avoir une version des deux camps mais les « douilles » de gaz lacrymogènes déjà utilisées, les chaussures et sacs délaissés par les élèves, le tas des projectiles qui jonchaient l’avenue de l’indépendance pouvaient témoigner de la violence qui y a régné au centre-ville de Ouagadougou. Aux jets de cailloux et autres projectiles des élèves, ceux d’en face, les policiers, répondaient par des tirs de gaz lacrymogènes. L’air était irrespirable et la circulation à cet endroit, était momentanément fermée aux usagers. Certains médias ont même signalé des blessés du côté des élèves. Au moment où nous quittions les lieux à 14h, le climat était toujours tendu.
Abdoul Karim TAPSOBA



















