
Dans une interview en pleine campagne électorale, l’unique candidat à la présidentielle donne des détails sur son programme de société.
Quotidien numérique d’Afrique (QNA) : Pouvez-vous décliner les grands axes de votre programme ?
Claude Aimé Tassembedo (C A T) Il y a beaucoup de choses mais je vais déterminer juste les grands axes. D’abord, si vous regardez ma vision, je veux restaurer la grandeur et la fierté du Burkina en renouant avec l’intégrité et le travail dans la discipline. Donc pour moi, c’est remettre sur pied une société à la limite inspirée du progressisme, inspirée d’une révolution politique, d’une éradication de toutes les vieilles pratiques politiciennes basées sur la prédation des parties et de leurs chefs lorsqu’ils arrivent à la tête de l’Etat. Donc c’est mettre en œuvre une révolution politique qui va mettre fin à tout cela et reconstruire une démocratie directe, c’est-à-dire un lien entre le chef d’Etat et la population à travers le renforcement des municipalités et donc la contribution participative parce que je veux transformer le pays avec ceux pour lesquels je suis arrivé et qui m’ont mis la ou je suis. C’est ensemble que nous allons transformer le pays. Donc méthodologiquement, c’est remettre le pays sous cet angle. Donc les grands axes seront tout simplement d’arriver à sécuriser le pays, à reformer profondément l’éducation pour arrimer la formation aux opportunités d’emploi, et naturellement ramener le niveau de l’exemplarité et de la bonne gouvernance, ce qui va être un acte dorsal sur la réhabilitation des comportements civiques. Vous conviendrez avec moi que si vous avez un gouvernement de délinquants et de voleurs de fonds publics, la population ne peut être qu’incivique. Je suis désolé, personne ne suivra quelqu’un qui lui dit de faire quelque chose et qui fait le contraire. Donc voilà pourquoi je veux faire une révolution politique, c’est à dire en balayant toutes les personnes qui ont de mauvaises pratiques, pour que les jeunes s’inspirent sur des valeurs traditionnelles, d’intégrité et de travail dans la discipline, voilà un peu mon orientation politique.
QNA : Vous comptez mettre en place un gouvernement de 20 ministres, pensez-vous que c’est suffisant ?
C A T : Tout à fait, là encore, c’est une inspiration liée à la situation nationale parce que quand on forme un gouvernement, c’est par rapport à la situation qui se présente à vous. Aujourd’hui nous avons besoin d’un gouvernement de travail, un gouvernement resserré parce que vous conviendrez avec moi, que souvent le saucissonnement, c’est tout simplement cette mafia qui est cachée derrière les combats politiques organisés autour des partisans dans le parti pour se donner des marocains de ministère. On va saucissonner autant pour que chacun puisse avoir son gombo parce qu’il a contribué à ce que quelqu’un puisse arriver au pouvoir, c’est pour cela je dis non au parti. Vous retiendrez que je suis le seul candidat indépendant, c’est parce que je refuse l’esprit de parti, moi je veux qu’on supprime ça dans nos constitutions pour permettre aux peuples burkinabè qui sont habitué à cette forme de relation de démocratie directe de s’exprimer et non des intermédiaires, tous qui sont là pour tout simplement acheter ou déjouer ou dévoyer les besoins de la population. Tous ces intermédiaires sont une mafia organisée dans les partis politiques et qui constituent une délinquance au niveau de l’Etat, et qui tout simplement est entrain de tirer l’Afrique vers le bas et avec des fausses accusations de l’impérialisme qui a maintenant une histoire derrière nous, nous sommes nous même les propres problèmes de nos problèmes. C’est pour cela moi je dis que 20 ministres pour moi, c’est en relation. J’ai mis le ministère de la sécurité et de l’administration territoriale ensemble, j’ai essayé de mettre le ministère de l’agriculture et de l’hydraulique aussi parce que ça va ensemble, tous ces ministères, l’eau l’élevage et l’agriculture, cava ensemble, j’ai mis le sport et la culture. Vous comprenez, j’ai lié les préoccupations de la jeunesse qui doit grandir sainement et harmonieusement, tout en développant l’intellect et le physique, je les ai mis ensemble. J’ai mis la téléphonie avec les ministères digitaux ensemble parce que le problème de la téléphonie, ce sont des gens à chicoter au Burkina aujourd’hui, c’est des merdiques. Ils ne permettent pas de mettre en place des vrais mécanismes de promotion de l’entreprise digitale des jeunes, il faut chicoter ces grosses structures qui sont là, qui sont des intérêts de je ne sais qui, et qui font n’importe. Mes ministères sont en fonction de la réalité du terrain, parce que je veux une coordination au niveau des FDS. Donc je les ai mis pour qu’ils fonctionnent très bien pour sécuriser le territoire. Donc les 20 ministères c’est en fonction de la réalité, du contexte actuel que je les forme.
QNA- Comment comptez-vous sécuriser le territoire et installer une paix durable ?
C A T : Je vous rappelle que je suis un ancien prytane, un ancien enfant de troupe. J’ai fait un peu le PMK, donc j’ai un peu dans mon sang quelques primes des questions militaires. Quand je regarde les choses telles que ça se passe, je peux dire sans me tromper qu’aujourd’hui l’armée s’est plus ou moins retrouvée, parce qu’immédiatement après la transition, et vraiment qui nous a fait espérer, j’allais dire des opportunistes de je ne sais d’où ils sont venus, ont récupéré la chose, ont fait du n’importe quoi pour s’enrichir illicitement. Aujourd’hui, l’armée s’est plus ou moins relevée sur ses pieds, donc c’est une bonne base pour moi pour travailler. Ce que je dois mettre derrière, c’est la stratégie militaire qui pour moi va constituer à réorganiser les camps par zone, les grandes zones avec des camps comme cela s’est fait à un moment donné avec des unités spécialisées plus ou moins selon ces grands ensembles sur le territoire et mieux organiser la complémentarité entre la police et la gendarmerie et l’armée sur le terrain. Mettre sur certains points la police, sur d’autres la gendarmerie, parce que ce sont des corps qui sont là pour la paix durable, donc en les organisant mieux et en mettant un niveau de coordination avec l’armée aujourd’hui qui est interpellée, puisque le territoire est transgressé, donc du coup l’armée va être coopérative de ces forces de sécurité interne. L’armée va nous sécuriser face aux adversaires externes, tandis que les forces de la police et de la gendarmerie vont veiller au grain sur le retour d’informations pour appuyer. Voilà un peu comment je compte arriver à bout, et je pense que c’est bien possible.
QNA- Pensez-vous faire une alliance pour le second tour, et/ou accepterez-vous de participer à un gouvernement d’union nationale ?
C A T : Je souhaite être celui qui sera élu et je me battrais jusqu’au dernier jour pour être celui qui sera élu. Mais si je ne suis pas élu, si je suis au second tour, ça dépendra de ma position. Si je suis en tête, je vais appeler toutes les forces de changement à se rallier à ma personne pour changer réellement. Surtout la population, les jeunes et les femmes. Quand je les regarde parfois, ça me fait beaucoup un pincement au cœur. Si je suis au second tour, je vais donc appeler à me voter mais pas d’alliance avec des partis. J’enlève ça de mon fonctionnement. Je ne ferais d’alliance avec aucun parti, je vais demander individuellement aux gens de se prononcer en ma faveur.
Maintenant, si je ne suis même pas au second tour, il faut tout prévoir, je ne donnerais pas ma voix à personne parce que comme Malcom x le dit, : « la voix c’est comme une cartouche que tu donnes à l’adversaire, si tu donnes il peut utiliser ça pour t’assassiner ».
QNA : Quel message avez-vous pour la population burkinabè ?
C A T : A la population burkinabè, j’ai dit et je le redis, c’est avec vous qu’on peut changer ce pays, c’est avec vous qu’on peut se donner un avenir certain. Je suis venu en tant qu’indépendant, j’ai bravé des difficultés, c’est la preuve que vous aussi vous pouvez braver des difficultés, vous pensez que vous ne pouvez pas, mais vous pouvez, je dis de ne pas vous laisser attacher ou liés par de fausses promesses. Personne n’est un génie extraordinaire qui peut vous envoyer quelque chose du ciel. J’ai hésité en disant dans mon slogan ‘’Oser le sacrifice pour sauver mon pays’’, et j’ai fini par choisir la révolution politique en marche parce que je veux le changement par le bulletin de vote, et je vous invite à l’utiliser pour choisir une destinée meilleure pour vous, une destinée qui va être autre que ce que vous avez vu depuis 30 ans.
O.P.



















