L’on attend plus que le verdict du procès du putsch de septembre 2015. La fin des plaidoiries a eu lieu le vendredi 23 août 2019. Les derniers accusés à voir leur cause plaidée, Léonce Koné et Hermann Yaméogo, poursuivis pour complicité à la sûreté de l’Etat et meurtre. Et contre eux, le parquet militaire requiert une peine de 5 ans d’emprisonnement avec sursis
Dernier jour des plaidoiries des avocats de la défense, les bâtonniers Antoinette Ouédraogo et Yerim Thiam ont tenté de démonter les réquisitions de 5 ans avec sursis du parquet militaire à l’encontre des accusés Léonce Koné et Hermann Yaméogo. L’accusation les maintient dans les liens de la prévention pour complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat et de meurtre. Selon Me Antoinette Ouédraogo, ces accusations tiennent à trois faits essentiels : la visite d’information des deux accusés au général Diendéré dans la matinée du 17 septembre 2015, leur soutien présumé au putsch et la valise d’argent venue de Côte d’Ivoire au nom de Léonce Koné, de l’argent censé financé le putsch selon le parquet militaire. Pour l’avocate, ces accusations sont la preuve que le procès du putsch de septembre 2015 est un procès politique. L’ancien bâtonnier de l’ordre des avocats du Burkina soutient que les deux accusés n’ont fait qu’exprimer leurs opinions politiques sur une situation difficile que le pays traversait. En quoi cela constitue une infraction ? s’interroge-t-elle.
‘’Des accusations sans fondement juridique’’, Me Thiam
« L’argent venu de la Côte d’Ivoire a été collectionné par des amis des accusés en vue de les aider dans leurs activités politiques. Comment cela peut-il être considéré comme un acte condamnable ? Si c’est le cas, pourquoi leur compagnon Achille Tapsoba et Traoré Nignan Moïse ne sont-ils pas à la barre ? Ce qui n’est pas une infraction pour tous ne peut être une infraction pour deux et dans tous les cas, le parquet n’en a pas fait la démonstration durant ce procès », dira l’avocate. En somme, pour Me Thiam, l’accusation portée contre Léonce Koné et Hermann Yaméogo n’a aucun fondement juridique et factuel. Ce sont des allégations, lance l’ancien bâtonnier sénégalais qui dresse un réquisitoire contre les plaidoiries de ses confrères de la partie civile. L’avocate demande donc l’acquittement pur et simple des deux hommes politiques.
Sié Alfred



















