Burkina Faso / Sanctions de l’UEMOA-CEDEAO contre le Mali : L’ANC dénonce une «forfaiture des chefs d’Etat»

Les responsables de l’Alliance des Nouvelles Consciences (ANC) étaient face à la presse dans l’après-midi du 12 janvier 2022. La situation politique en cours au Mali née des récentes sanctions infligées à ce pays par les dirigeants de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) et la Communauté Economique Des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) était le principal sujet de ce point de presse.

Marc Bonogo (milieu) et ses camarades dénoncent une instrumentalisation des institutions ouest africaines par des puissances extérieures

De l’avis des conférenciers du jour, le bureau de l’ANC, en tant que structure de veille citoyenne et panafricaine, s’est vu obligé de prendre part au débat actuel au niveau sous-régional. Ce sursaut, selon eux, a surtout été motivé par le sommet extraordinaire de l’UEMOA et de la CEDEAO, tenu le 9 janvier dernier à Accra au Ghana et qui a consacré l’adoption des mesures contraignantes vis-à-vis du Mali, actuellement dirigé par une junte militaire. Prenant clairement position pour cette dernière, Marc Bonogo, coordonnateur de l’ANC invite les institutions sous régionales ci-dessus citées à ne prendre en compte que les intérêts du seul peuple malien. A l’endroit de ce peuple, l’orateur principal du jour a tenu à lui témoigner le soutien et la solidarité de la jeunesse burkinabè. «Nous, jeunes leaders de l’Alliance des Nouvelles Consciences (ANC), condamnons avec la dernière énergie cette forfaiture des chefs d’Etat de la CEDEAO et de l’UEMOA», a déclaré le coordonnateur. À l’entendre, les deux organisations communautaires dans leur prise de sanctions, ont eu la main lourde face à une junte malienne qui d’après lui, reste «ouverte au dialogue et à la concertation». De ce fait, l’ANC, de par la voix de son premier responsable, exhorte les deux parties à renouer le fil du dialogue pour le bonheur des populations maliennes, «déjà éprouvées par une double crise sécuritaire et sanitaire». Au plan national, les conférenciers se sont également prononcés sur la situation socio-politique, marquée par des velléités de manifestation le 22 janvier prochain contre la gestion de la crise sécuritaire par le pouvoir du président du Faso, Roch Kaboré. L’ANC, tout en prenant acte n’a cependant pas voulu clarifier sa position sur sa participation ou non à cette activité à venir.
Abdoul Karim TAPSOBA