Après les élections couplées de la présidentielle et des législatives du 22 novembre dernier, la configuration de la nouvelle assemblée se dessine peu à peu suite à la publication des résultats provisoire par la commission électorale nationale indépendante (CENI). Sans surprise, le Mouvement pour le Peuple et le Progrès (MPP) Arrive en tête avec 56 députés devra nouer des alliances pour avoir la majorité absolue.

Sur 126 partis politiques en compétition pour les législatives, 15 ont obtenu des sièges dans la nouvelle assemblée nationale. A l’issue donc des résultats provisoires, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) remporte 56 sièges, suivi du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) qui a obtenu 20 sièges, le Nouveau temps pour la démocratie vient en troisième position avec 13 sièges et l’ex-deuxième force politique, l’UPC arrive en quatrième position avec 12 parlementaires. La première leçon qu’on peut tirer de ces résultats, est que le MPP avec 56 sièges selon la Constitution n’ayant pas la majorité absolue, fixée à 64 devra compter sur les autres partis de l’Alliance des partis pour la majorité présidentielle (APMP) qui soutient le programme Roch Kaboré depuis 2015. Ainsi avec le NTD, l’UNIR/PS et le PDC seulement les alliés fidèles, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) peut pousser un bouffé d’oxygène à la majorité absolue.
Changement à la tête du CFOP
La deuxième leçon de ces législatives, c’est le retour du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) et la descente aux enfers de l’Union pour le progrès et le changement (UPC). En 2015, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) qui avait obtenu 18 députés revient en force cette année en gagnant 20 sièges, contrairement à l’Union pour le progrès et le changement (UPC) de 33 députés en 2015 a fait une chute libre et se retrouve avec 12 sièges dans cette nouvelle assemblée. Conclusion, l’UPC donc perd son statut de Chef de file de l’Opposition politique (CFOP) au profit du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP). Le Statut de l’Opposition politique au Burkina Faso, dans son article 12 qui stipule, que « le chef de file de l’Opposition est le premier responsable du parti de l’Opposition ayant le plus grand nombre d’élus à l’Assemblée nationale». En attendant la configuration après les jeux d’alliances, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), parti politique de Blaise Compaoré, fait son grand retour après les élections de 2015. Son candidat, Eddie Komboigo, qui avait été recalé lors de la présidentielle de 2015 est arrivé en seconde position en 2020 avec 15,48% des voix devançant l’ancien CFOP, Zéphirin Diabré de l’Union pour le progrès et le changement, qui est arrivé en troisième position avec 12,46% des voix.

Sept partis quittent la barque
Sept partis politiques ne seront pas de nouveau représentés à l’Assemblée nationale après y avoir siégé de 2015 à̀ 2020. Il s’agit de la Nouvelle alliance du Faso (NAFA). Privé de son champion Djibril Bassolé, reconnu coupable et incarcéré́ dans le cadre du putsch de septembre 2015, le parti dirigé par Mamadou Dicko a choisi cette année de soutenir Zéphirin Diabré. Il n’a obtenu aucun siège contrairement à̀ 2015 où il avait obtenu 2 sièges. La grande surprise vient du Parti de la renaissance nationale (PAREN). Ainsi l’invalidation de la liste nationale et le départ de Tahirou Barry (candidat malheureux à̀ la présidentielle avec 2, 19%) auront-ils eu raison du parti de Laurent Bado. En tout état de cause, le PAREN qui comptait un certain Abdoul Karim Sango, ministre de la Culture, sur ses listes, n’a obtenu aucun siège contrairement à̀ 2015 où il avait obtenu 2 sièges. Autre départ forcé, Le Faso Autrement, le parti d’Ablassé Ouedraogo, candidat malheureux à̀ la présidentielle avec 1,80%, n’a obtenu aucun siège contrairement à̀ 2015 où il avait obtenu 1 siège, Viennent ensuite l’Organisation pour la démocratie et le travail (ODT qui n’a obtenu aucun siège contrairement à̀ 2015 où il avait obtenu 1 siège, Union pour un Burkina nouveau (UBN), qui a obtenu 1 siège en 2015 n’a pas pris part aux législatives 2020. En suite le Rassemblement pour la démocratie et le socialisme (RDS), et le Mouvement pour la Démocratie en Afrique (MDA) n’ont pas réussi à se faire réélire en 2020.
K.Fiakofi

















