Cameroun : Polémique suite à un refus de collecte de sang de l’opposition au profit des militaires blessés

Il est revenu qu’un hôpital militaire dans l’Extrême-Nord du Cameroun a refusé à un parti d’opposition l’organisation d’une opération de don de sang en faveur des militaires blessés par Boko Haram rapporte Sputnik News. Ce qui a naturellement créé une polémique.
Suite à ce refus, le parti de l’opposant camerounais Maurice Kamto a accusé le pouvoir d’être «aveuglé» par «la haine» et rappelle que l’armée «ne doit être l’objet d’aucune forme d’instrumentalisation politique» indique Sputnik News. En effet, les responsables du parti ne démordent pas et n’en reviennent pas d’avoir été interdits, début septembre, d’organiser une campagne de don de sang à l’hôpital militaire de Maroua dans l’Extrême-Nord du pays, une région en proie aux attaques terroristes de Boko Haram. «Il a été refusé au MRC par la hiérarchie militaire de l’hôpital militaire de Maroua l’organisation d’une campagne de don de sang pour les blessés des attaques de la secte islamique Boko Haram. Quand on connaît la carence en réserve dans les banques de sang de nos hôpitaux, on a de la peine à croire qu’un responsable chargé de sauver des vies a pu refuser une telle offre juste parce qu’elle vient d’un parti politique considéré comme ennemi du pouvoir que l’on sert», a publié le porte-parole du MRC Joseph Ateba sur sa page Facebook mercredi 1er septembre 2021. Le communiqué était accompagné d’une copie de la demande qui a été adressée à l’hôpital.

Une lutte politique s’exporte dans d’autres milieux

Réagissant au micro de Sputnik à cette sortie de Maurice Kamto, Patrick Rifoe, communiquant du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti au pouvoir, estime que «la politisation, c’est de transformer un parti politique en organisation humanitaire. De plus, à partir du moment où une collecte de sang est organisée sous le sigle MRC, elle est bien évidemment politique. Il n’y a donc pas de raison qu’elle ne soit pas traitée comme telle». «Enfin, l’armée a, à plusieurs reprises, été traitée de milice privée du président Biya par certains cadres du MRC. Il n’y a aucune raison qu’elle accueille avec autre chose que de la méfiance une initiative portée par ceux-là mêmes qui la stigmatisent», martèle-t-il.
Si la situation suscite encore de nombreuses interrogations, il est un fait habituel au Cameroun que la lutte politique s’étende à des sphères a priori non politiques, regrette notre source.

Source : Sputnik News

Pierre Oued.